vendredi 31 décembre 2010

Sorties du 05 janvier 2011

Bandes dessinées :
Arrietty
Chroniques sauvages
Ida T02 Candeur et abomination
Invincible T05 Un autre monde
Les winners T01
Mystère de Marie Roget d'Edgar Allan Poe
Silien Melville - Tome 2
Spyder T01 Ombres chinoises
Star Wars Legacy T09 Le destin de Cade
Starman T03
Un héros presque parfait - Tome 1
Comédie sentimentale pornographique
Conventum
Quatre soeur T01 Enid


Mangas :
Air Gear Tome 25
Captain Tsubasa Tome 5
Maid Sama ! Tome 5
Marine Hunter Tome 2
Mixim 11 Tome 1
Negima Neo Tome 2
Snow in the Dark
Bleach Tome 40
Bloody Monday Tome 3
Dance in the Vampire Bund Tome 2
Eye Shield 21 Tome 34
Fairy Tail Tome 16
Highschool of the Dead Tome 6
H2 Tome 27
Lady and Butler Tome 1
One piece Tome 56
The Royal Doll Orchestra Tome 4

lundi 20 décembre 2010

Gilgamesh : le demi-dieu triste

Gilgamesh
Gwen de Bonneval/Frantz Duchazeau
Tomes 1 et 2
Spécial dix ans (Poisson pilote/Dargaud)
2010

Il est de certaines bandes dessinées comme de certains autres ouvrages : on peut les appréhender de différentes manières et leurs lectures peuvent être envisagées avec de jeunes lecteurs, surtout lorsque l'aspect documentaire en est la source principale.
Et même si la fiction reste un créneau majoritaire et tout à fait honorable dans le domaine de la bande dessinée, l'évolution de la qualité du média depuis plus de trente ans permet à de nombreux albums de pouvoir prétendre à une aura pédagogique majeure.
L'épopée sumérienne du roi d'Uruk, épopée classique datant de 2600 ans avant Jc fait partie de ceux-là.

Frantz Duchazeau, connu pour ses albums de très grande qualité : (les Cinq voleurs de Bagdad, Méliès, Météor Slim...) propose comme à son habitude un dessin au crayon tout en finesse et aux couleurs naturelles particulièrement délectables. De son côté, Gwen de Bonneval, (Messire Guillaume, chez Dupuis, entre autres) a écrit, à partir des traductions du manuscrit original, un scénario plutôt réussi. Il était en effet difficile on imagine de sortir d'écrits antiques en restant compréhensible.)

Cette édition, parue à l'occasion des dix ans de la collection Poisson pilote regroupe les deux albums parus originellement en 2004 et 2005.
Pour ceux qui découvriraient cette magnifique histoire album par album, on peut cependant émettre quelques réserves : En effet, le premier tome resitue le contexte originel et propose de (re)découvrir l'histoire de ce roi géant, et son amitié avec son double Enkidu. Les diverses aventures qu'ils vont être amené à vivre ensemble sont pleines d'émotions et de rebondissements (batailles, affrontements avec des dieux ou des personnages mythiques), ce qui rend sa lecture tout à fait abordable par de jeunes publics. La fin un peu abrupte laisse néanmoins un goût de suspens, mais qui amène logiquement vers le second tome.
L'épopée de Gilgamesh étant au programme de sixième, on peut donc envisager de le proposer à partir de onze-douze ans.*

Cependant , la suite du récit voit la mort d'un des deux protagoniste et la quête spirituelle de son ami seul, afin de le réhabiliter auprès des dieux voire de le ramener à la vie. On est davantage dans des considérations philosophiques et religieuses, et l'atmosphère plus sèche de ce second volume, même s'il intègre l'épisode bien connu du déluge, aussi traité dans la bible chrétienne ne sauve pas une impression de difficulté de lecture, qui pourra décourager les plus jeunes. Le jugement global s'en trouve donc destabilisé.
Mais avait-on le choix avec un récit de cette ampleur ?

...Signalons qu'une intégrale de Gilgamesh par ces deux auteurs avait déjà paru en 2006, avec une belle couverture. (ci à droite) Depuis, ni le tome deux, ni cette intégrale n'étaient disponible. C'est donc avec une certaine joie que l'on peu accueillir ce nouveau "packaging", même si l'on pourra regretter que ce spécial dix ans au tirage limité et au dos toilé ai privilégié une couverture sombre aux couleurs et au dessin peu charmants.

A vous de juger.
Mais si vous aimez l'antiquité et les légendes... cet album est fait pour vous.

*A lire : l'épopée et le programme Gilgamesh sur le site du CRDP de l'académie de Paris

vendredi 10 décembre 2010

L'île douloureuse ? soyons Wak fous !

L'île de Lorose
Toshy
Ankama/Wakfu nébuleuse
2010
158 pages

Toshy est un jeune auteur belge de 37 ans dont je n'avais jamais entendu parler.
Il est pourtant responsable de 4 tomes du collectif Hécatombe et a travaillé avec les auteurs réputés Maud tabachnik et Serge Brussollo.
Il est aussi l'auteur de 3 tomes de la "Métaphore du papillon" (2003-2005)

A première vue, cet album broché format gros manga n'était pas très engageant (pour moi, plutôt habitué de mangas adultes). Encore un récit "à la Trolls de troy" me dis-je de prime abord, puisque réalisé avec un ton plutôt grinçant et un humour bien tranchant typique de ce genre d'aventures, ...mais en noir et blanc et chez Ankama !

La collection Wakfu nébuleuse propose aux artistes intéréssés d'offrire aux lecteurs une vision décalée de l'univers Wakfu, univers plutôt enfantin et manga- typé qui m'était inconnu et ne semblait pas me correspondre. J'ai donc mis longtemps à me décider à rentrer dedans.

Et puis... j'ai été finalement surpris pas la qualité du dessin, pas mal du tout, et du scénario bien rodé, qui, même si il nous laisse un peu sur notre faim à la sortie, préserve cependant un bon suspens tout au long de l'aventure, car c'en est une, et de bonnes surprises.
Les personnages : Jeanjean, gros musclé à l'énorme épée mais sans cervelle, Pedili : la demoiselle un peu forte, le chien spectre, Loutonis : la copine aux pouvoirs de résurection, et le jeune guerrier timide sacrieur sont attachant, et leur quête de l'île de Lorose parsemée d'embuches et de drôles de créatures plutôt envoutante.

Au final, la découverte d'un auteur et peut-être d'un univers ?

Ps : Je ne suis pas pour autant devenu fan de Wakfu, mais je suis allé sur le site faire un tour, et... promis, je vais regarder quelques vidéos. Voire les proposer à mes filles de dix et onze ans !
> Wakfu : les vidéos
> Waku France

lundi 29 novembre 2010

Spider-man noir : un polar tissé au poil !

Spider-man noir Les yeux sans visage
David Hine, Fabrice Sapolsky/Carmine di Giandomecino
Panini, 2010

Le label noir de Marvel été inauguré en Décembre 2009 pour la série Spider-man et voilà le second volume proposé par la même équipe 100% européenne. Quatre autres titres d'autres séries sont disponibles.

Le contexte : offrir des aventures du héros tisseur de toile dans l'ambiance de la prohibition des années 30.

Dans cet épisode plutôt bien troussé, on suit Peter Parker, dans un costume pas franchement classe démanteler un réseau d'expérimentation scientifique mené sur des personnes noires.
Octavius est le médecin handicapé qui s'amuse avec les cerveaux de pauvres bougres, ramassés dans les prisons, et il arrange bien ses fournisseurs qui ont d'autres vues sur l'anéantissement total de cette "sous race" d'après eux.
Des relents d'holocauste qui font froid dans le dos, mais c'est justement cette atmosphère glauque et poisseuse qui donne tout son charme à ce one shot.

Les personnages évoluent dans un univers parallèle, ancien, où les origines sont quelque peu redéfinies.
Oubliez le costume rouge et bleu, oubliez les batailles au milieu des gratte ciel, ici, il s'agit plutôt de visages tuméfiés, de gros calibre, de mafia et d'hôtels miteux.
Et Octopus n'est qu'un scientifique de seconde zone dont la maladie congénitale empêche l'embauche par Henrich Himmler lui-même...(très belle scène finale)

La relation tendue entre Parker et Felicia, alias la chatte noir (du nom de son bar le Back cat) en grande partie basée sur le sexe apporte aussi une touche beaucoup plus adulte à cette série parallèle.
(à droite : je ne savais pas que les balconnets et les strings existaient dans les années 30 ?...)

Le dessin de l'italien Giandomenico, très "européen", (avec parfois même un côté "art déco") est assez agréable et se met de toute façon entièrement au service d'un scénario bien ficelé.

Noir,... et adulte : un bon polar, qui aurait presque pu se passer de l'homme araignée.

samedi 13 novembre 2010

Bajram, shaman de l'IS*

Bajram, destructeur d'univers
Thierry Bellefroid (entretiens)
Soleil
Octobre 2010

Denis Bajram, né en 1970 a été mondialement reconnu (1) avec son chef d'oeuvre d'anticipation en 6 tomes "Universal War One", publié chez Soleil de 1998 à 2006. Au delà de sa qualité scénaristique, cette série a montré une technique de colorisation numérique en avance pour l'époque (2).
Avant cela, son auteur avait publié les deux tomes de Cryozone chez Delcourt, autre récit de science-fiction de qualité, scénarisé par Thierry Cailleteau (série Aquablue). On se reportera à sa bibliographie complète sur Bedetheque.

Dans ce livre d'entretiens fleuve (240 pages tout de même), Thierry Bellefroid a été à la rencontre d'un homme au caractère bien trempé et à la culture féconde. On y parle Bande dessinée bien sûr, mais aussi beaucoup politique, religions, et milieu de l'édition. C'est ce qui fait la richesse du livre, par ailleurs abondamment illustré...(...)

> La suite à lire sur le Blog d'Hectorvadair.

(* : Illustration séquentielle : une appellation utilisée par Bajram dans ces entretiens)

lundi 8 novembre 2010

La (nouvelle) Frontière de Foerster

La frontière
Foerster
Quadrants 2010

Je faisais allusion l'autre jour, à l'occasion de la chronique de "Old skull" de B-gnet au retour fracassant de la thématique Western dans la bande dessinée ces dix dernières années. (Pour ne pas parler de celle des pirates.)

Et de citer, parmi les plus marquantes : Bouncer, Billy wild, Calimity Jane, et diverses histoires noir et blanc parues dans des fanzines ou revues spécialisés
(cf chronique de Billy wild et Old skull)

Foerster, que les plus anciens ont connu à l'époque de sa gloire dans Fuide glacial a fait une grande partie de sa carrière avec des recueils d'histoires lugubres et cauchemardesques du meilleur cru.
(voir sa fiche sur bedetheque)

On l'avait un tant soit peu perdu de vue depuis, et c'est pourquoi le revoir au dessin et scénario dans un bouquin grand format couleur de 72 pages chez Quadrants (collection Soleil) me ravi personnellement. Car autant la couverture laisse un petit goût de "aurait pu mieux faire", autant l'intérieur mérite le détour.

...Géronima Uranza, petite brunette énervée d'à peine 18 ans, fille soit disant de Billy the kid, débarque dans ce one shot en flinguant en plein désert son canasson qui a l'air d'avoir attrapé une sérieuse maladie.
Elle arrête alors une diligence et rejoint avec ses passagers le relais Corralito. Là; à l'aide d' Ashley Upston, écrivain de son métier, elle va traverser la "frontière", sorte de tourbillon de sable magique qui les fera pénétrer au coeur d'une ville maudite dirigée de main de maître par Claus Christmas, un despote aux pouvoirs maléfiques.

Si au premier abord on peut être surpris par la densité des textes de ce récit pas tout à fait comme les autres, (mais aux dialogues très "parlés" à la façon de Billy Wild), on comprend très vite que mister Foerster a décidé de nous raconter une bien belle histoire, et qu'il va le faire, quoi qu'il en coûte.
Vu que l'entrée en matière est rapide, et le suspens bien tenu, on a finalement aucun mal à se laisser entraîner.

Le dessin depuis les années 80 a gagné en souplesse, le format plus grand rajoute à la clarté, et la couleur (due à Samsa) contribue au modernisme du style.
Les personnages sont parfois un peu Disneyien au niveau graphique (Bd jeunesse), alors qu'on aurait presque préféré du bon gros gothique sur toute l'histoire, comme au bon vieux temps. Ceci dit, final, les éléments propres au récit suffisent à assoir le côté fantastique et un peu dingue annoncé par le synopsis.

Il y a du "Bouncer" néanmoins dans "Frontière" : La petite maison au milieu du désert où se trament des choses pas claires, le vengeur aux colts rapides, les malédictions..., et on peut y croiser un Stryge (Azaziel), voir du John Rambo (le méchant cochon bouffeur de curé); mais les références sont tellement bien assimilées que l'émotion reste intacte. Sans compter un rythme soutenu et une violence de série B (voire Z) très réjouissante, ainsi que des détails savoureux. (Belle charge de longues cornes squelettes du plus bel effet !)

Citons par exemple l'anecdote de ce journaliste qui essaye de saisir en direct l'histoire se déroulant sous ses yeux, afin de gagner le jackpot éditorial. Sa présence dans les cases comme simple spectateur constituant à mon goût une belle mise en abîmes et un beau clin d'oeil au western, que Foerster a semble t-il bien apprécié :
"Si la légende dépasse la réalité, imprimez la légende". (John Ford à propos de Rio grande)

On pourra justement se référer au western classique du cinéma pour trouver des références bien antérieures à "Bouncer", par exemple la maison en plein désert où des sudistes se livrent à un trafique d'armes avec les apaches, dans un film dont je n'ai jamais retrouvé le nom, ou bien celle en bande dessinée de Jonathan Cartland dans "Les doigts du chaos"(1982)

En bref, et pour conclure : un album original, plutôt beau, et à l'histoire passionnante. Bravo.

Lire les 7 première spages sur DigiBD

samedi 30 octobre 2010

Des princesses de toute beauté !

Princesses égyptiennes T1
Igor Baranko
Humanoides associés 2010

Quasiment "Adoubé" dans la préface de cette nouvelle série par le spécialiste es Egypte du roman populaire Christian Jacq, Igor Baranko, auteur d'origine ukrainienne amorce une approche plus classique avec cet album historique dessiné en noir et blanc.
Plus classique dans la forme et le fond, mais pas complètement dénué de fantastique, comme l'ont pu être ces précédentes réalisations (assez récentes cependant : 2003-2009), à savoir la saison 2 du cultissime Exterminateur17 de Bilal et Dionnet, la série Empereur océan, ou le one shot Chamanisme.
> Voir La fiche de Igor Baranko sur Bedetheque.com

Ces récits en couleur assez peu connus finalement du grand public gagneraient à être (re) découvert, puisque Monsieur Baranko possède un trait qui séduit instantanément, assez typique finalement de pays riches de cultures "magiques", ou de certains dessinateurs italiens.

Pour se faire une idée, on se réfèrera par exemple à George Bess, auteur ayant fait ses armes en Scandinavie (voir Le Lama blanc) ou Frisenda Pasquale, dessinateur italien du western fantastique L'Esprit du vent avec Gianfranco Manfredi (voir sa fiche sur bedetheque.com), que l'on aura aucun mal d'ailleurs à comparer à la propre série de Baranko La danse du temps.

Les princesses égyptiennes décrit le destin peu commun de Titi Néfer, Sehmetiketh, et Kiki-Nefer Bastimertith, filles du pharaon Ramsés III, (1186-1154 avant JC) dont un complot fomenté par leur propre mère Kabou boui destiné à les supprimer va les amener à se réfugier dans la ville maudite créée par l'ancien pharaon Akhénaton. Là, elles vont faire la connaissance avec Amenhotep Hapou, vieux prêtre sorcier, qui recherche l'emplacement de la tombe du roi maudit, et de Pthamoses, jeune prêtre guerrier, dont les motivations sont assez peu claires, mais qui va les aider.

Une intrigue de grande qualité, menée sans répit et avec beaucoup de suspens, dans des ambiances d'époque bien documentées et très bien restituées, grâce entre autre à un noir et blanc magnifique, très personnel.

Nul doute que la suite devrait faire de ces "Princesses" l'album de la consécration pour Igor Baranko.
> Très recommandé.


Planche noir et blanc : ©preview issu du blog des Humanos.

Analyses