vendredi 2 décembre 2011

Luna park : ne rentrez pas dans le sauna !...

Luna Park
Kevin Baker/Danijel Zezelj

Vertigo/Panini comics Nov. 2011

On parlait il y a peu du Royaume de Borée de Jacques Terpant, adapté de Jean Raspail... et on faisait allusion à une frontière lointaine, floue, où le danger guette et les limites sont peu sûres...

Et bien Luna park, un super graphic novel sorti ce mois-ci chez Panini (Vertigo), apporte un peu de cette ambiance, en y ajoutant un autre goût amer qui avait déjà été ressenti avec une oeuvre du même tonneau, et comme par hasard aussi nimbée de culture "nordique". Il s'agit de Sauna (2008), un film de Antti-Jussi Annila.
N'entrez pas dans le sauna !...

Dans ce film d'épouvante indépendant, angoissant mais tourné comme un Bergmann, une troupe militaire volontaire se baladait au XVIe siècle (enfin, supposé) dans des tourbières, perdue dans des steppes trop lointaines pour être cartographiées, jusqu'à un inquiétant village où un esprit maléfique  dont le lieu de culte s'avère être le sauna, à l'extérieur du village rôdait.
Sauna en béton, posé au beau milieu d'un étang...



Luna Park parle de Coney Island (New York), et de ses parcs d'attractions usés, où Alik Strelnikov, ancien militaire russe  ayant combattu en Tchéchénie s'est  exilé pour finir misérablement à la solde de la mafia de Brooklyn.
Mais Luna park parle surtout de sa relation désespérée avec Marina/Mariam/Milochka et aussi  de...sauna, comme l'une des portes d'entrée avec le "Hellgate" , autre lieu magique (la porte du diable) vers la rédemption. ...Etrange, non ?

D'autant plus étrange que les délires réalité/cauchemars qui guideront le lecteur et ce personnage central jusqu'au dénouement de l'histoire font penser au même procédé utilisé dans le film d' Anti-Jussi Anila. Avec les mêmes thématiques de souvenirs enfouis et rejetés, de destins croisés et de réalités distordues. Les mêmes relations à l'armée, à la guerre, aux chevaux, aux épées...



On connaissait Danijel Zezelj, dessinateur  d'origine croate par les publications de l'éditeur Isérois Mosquito : "Sex et violence" (2011), Rêve de béton, Congo Bill, Rex, Presque le paradis, La mort dans les yeux, le Rythme du coeur"...Aussi, vu leur nombre, il est d'autant plus inconcevable que sa présentation dans ce roman graphique Panini de traduction américaine n'en pipe pas mot, en ne citant que ses titres américians. Un coup dans le dos entre maisons d"édition françaises qu'on a du mal à digérer alors que ce dessinateur au trait intéressant et personnel mérite toute l'attention du public. (...)
Une influence,
ou juste.. un souvenir flou ?...

Kevin Baker quant à lui est un auteur New-Yorkais qui fait ses premiers  pas réussis dans le roman graphique avec ce titre sulfureux, dénonçant au passage la politique de la "grande" russie et ses guerres, dont celle en Tchétchénie.
On plonge à reculons dans cette balade empoisonnée,  surfant au niveau ambiances entre le roman noir d'un Raymond Chandler et son détective Marlowe, la poisse d'un autre film d'épouvante hanté par les parcs d'attractions : "Carnival of souls" (1962), et donc "Sauna", cité plus haut.
De belles références pour un thriller fantastique de qualité.

Daniel Zezlj chez Mosquito : http://www.editionsmosquito.com/auteur.php?id=27

La critique de Sauna sur : http://www.excessif.com/cinema/critique-sauna-4708519-760.html

La critique de Carnival of souls sur : http://www.horreur.com/critique-898-carnival-of-souls.html

Green and purple flashes : le corps des Green lantern !

Blackest night
Green lantern corps

Peter j. Tomasi, Patrick Gleason
Panini/DC Juillet 2011

En matière de comics en France, l'univers Marvel est sur représenté, grâce entre autre au cinéma. En effet, la plupart des adaptations ces dix dernières années l'ont été à partir de matériel de la licence : Spider-man, Daredevil, Hulk, Quatre fantastiques, Hellboy, Ghost rider...et j'en passe. L'année 2011 aura cependant tenté de repositionner l'autre grand éditeur : DC (Detective comics) comme influence majeure du domaine.
Mais combien de très bons titres SF de super héros en librairie et kiosques, (dont la licence Vertigo, plus adulte), pour combien de films en échange ? Et si peu de réussites ? On aura beau citer les Batman, qui ces dernières années ont réussi à trouver un public suffisant,... peu d'autres personnages viennent rapidement à l'esprit, Superman étant trop dilettante ces dernières décennies.
C'est dans ce contexte que l'une des autres grandes séries DC : Green lantern, a aussi eu droit a son adaptation cinématographique en 2011.(1)

Or si les kiosques connaissent Green lantern, ses publications francaises en albums n'étaient jusqu'à cette année que peu nombreuses, et il reste peu aisé pour un non amateur de trouver la bonne porte d'entrée dans cet univers relativement complexe affilié à la Ligue de la justice américaine.

Ce Green lantern corps, une série moderne de la déjà longue saga de ce personnage et de ses acolytes prend place dans une série transversale de l'univers DC :  Blackest night, un crossover où les héros morts sont réveillés par une entité maléfique : Nekron.(2)

Ce qui fait l'intérêt de ce recueil de 264 pages, c'est son aptitude, malgré sa complexité apparente (on est tout de suite dans le vif du sujet avec une agression monstrueuse de l'intégralité du corps) a mettre en scène la quasi totalité des héros de ce corps des Lanternes. Une manière scénaristiquement bien vue, qui est amplifiée en fin de volume par de courts récits sur les origines de chaque personnage., ainsi que des fiches pour chaques familles, complèté par les couvertures originales.

Avec un dessin de Gleason agréable, et pour peu qu'on soit habitué aux comics et aux scènes chaotiques de combats hors galaxie connue, c'est au final un beau billet d'entrée pour l'univers Green lantern, qui compte actuellement seulement une grosse poignée d'albums disponibles. (chez Panini)

1 Un anime "First flight" avait déjà été réalisé en 2009. On peut aussi se reporter au "New frontier" JLA (2008) où apparait le personnage de Green lantern... (voir précédente note sur le blog d'Hectorvadair.)

2 -  On pourra se reporter à ce sujet au bon article du blog : mainstreamclub.org


- Green lantern sur Comicsblog.fr

Royaume de Borée : les petits hommes croisent les grands



Le Royaume de Borée
T1 Oktavius

Jacques Terpant , d'après Jean Raspail
Delcourt, Août 2011

Après le succès des Sept cavaliers, première adaptation d'un roman de Jean Raspail par l'auteur (voir précédente chronique), Jacques Terpant retourne donc dans les contrées sauvages qui ont fait la joie des lecteurs de ces trois premiers tomes.

Bien qu'indépendant des Sept cavaliers, ce nouvel opus traite à nouveau d'un membre de la famille des Pikkendorff : Oktavius et dans une sorte d'unité de lieu, les steppes et marécages de régions non identifiées (1), ressemblant à un mélange entre la Patagonie, et la Sibérie.

Superbe image tirée de la page Facebook de l'auteur.
© Jacques Terpant
Nous sommes en 1658, et ce jeune homme de grande famille reçoit le commandement d'une petite troupe dans une partie reculée du royaume du grand Duc de Valduzia.
Contrée sans frontière septentrionale car trop éloignée, trop désertique dans des steppes infinies : la Bordure, renommée au fil du temps Borée.

Là, dans un village un peu laissé à l'abandon, il va remettre un peu d'ordre, amener un peu d'oxygène et d'activité, mais aussi, au contact des habitants se trouver lui-même. (Beau traitement des relations entre communautés, soit dit en passant.)
L'invisible de la nature sauvage lui laissera aussi entre-apercevoir des coutumes de bout du monde...


Superbe de beauté esthétique, avec un dessin de forme classique et des couleurs parfaites*, cet album nous entraîne à nouveau dans un univers très plaisant, même envoutant.
Le scénario est fluide, mais plein de finesses, et l'étrangeté déjà rencontrée dans Sept cavaliers prend ici encore une autre mesure, grâce à l'invisible petit homme des bois... que l'on ne verra jamais. (Peut-être dans un des trois autres tomes prévus ?, en effet, il est prévu que cette "saga" se déroule du XIIeme au XXeme siècle.)

Bref, un déjà classique de la Bande dessinée, (qui l'était sûrement déjà pour certains au stade du roman), et JacquesTerpant un auteur de grand talent qu'il est recommandé de suivre de très près.

(*) Jacques Terpant a obtenu le prix St Michel du meilleur dessin (Bruxelles, 2011)

(1) Voir l'univers de Jean Raspail sur les Pikendorff à l'adresse :
http://jeanraspail.free.fr/les_pikkendorff_intro.htm



- Lire l'interview de l'auteur au sujet de cet album sur Scenario.com

samedi 19 novembre 2011

Suivons la voie du seigneur des mouches

Des dieux et des hommes T2
Entre chiens et loups
Dionnet, Roberto Baldazzini
Dargaud 2011

Deuxième tome pour cette saga de SF lancée cette année par notre scénariste illuminé préféré, (non, pas Jodorowski !), amateur de séries z et grand amateur de vintage*, Jean Pierre Dionnet.

Pour cette "suite" d'une histoire dont on ne voit pas encore tous les tenants et les aboutissants : un nouveau dessinateur ! C'est le principe, ...et un bon ! car le trait de Roberto Baldazzini est tout a fait convaincant. Sorte de mélange improbable entre Charle Burns et Walter Minus, son style se marie parfaitement à cet épisode mettant en scène une fausse déesse a la tête d'une communauté hippie en plein milieu du désert. Escortée au passage par une bande d'hommes en noir armés de valises tireuses de flèches a embout ronds (...!?)
...Fausse déesse qui se prend pour ce qu'elle n'est pas; ce qui finalement va bien à ce dessinateur italien habitué au détournement sexuel de superbes poupées de papier glacé.**
En tous cas un bon choix de Dionnet, qui devrait permettre grâce à cette série plus grand public d'élargir le lectorat de ce dessinateur au trait agréable .

...Les facultés générales de cette saga à nous proposer autre chose que du ressassé, et a emmener le lecteur dans des contrées hallucinogènes peu fréquentées permettent de se dire que l'on continuera a suivre avec le plus grand intérêt ce titre quelque peu étrange.
On verra plus tard ce que l'ensemble donne et si le plan de départ sensé être homogène a été respecté... En attendant, "suivons la voie du seigneur des mouches !".

* Lire la chronique du premier tome de la saga.

** Roberto Baldazzini est surtout connu aujourd'hui pour ses œuvres érotiques "transformistes" (voire pornographiques ?) stylisées. Pour les plus de dix-huit ans, une note à lire entre autre sur le blog Un monde de bulles.

Sorties du 22 au 26 Novembre 2011

mercredi 16 novembre 2011

Alice au pays des souris rousses

Batwoman
Élégie pour une ombre

Greg Ruka et J H Williams III
Dc Panini
2011

Régulièrement dans l'univers des comics, quelques titres jettent les bases de révolutions à venir, graphiquement ou scénaristiquement, et on pourra à cette occasion utilement se rapporter a l'article sur Bill Sienckiewicz dans Comic box n°73 actuellement en kiosques...

Si ce Batwoman ne propose pas foncièrement un récit hors norme en terme de scénario, même si celui-ci se tient très bien et ne manque ni de punch, ni de rebondissements, on y trouvera d'avantage matière à satisfaction dans le fait de trouver en Batwoman un personnage finalement peu connu du grand public, dans une reconstruction de ses origines plutôt bien faite, (ambiance Lewis Carollienne gothique du meilleur effet), ainsi que dans une approche graphique de tout premier ordre.

...Kate Kane est une belle rousse qui a juré de servir son pays, par tradition, comme ses parents, tous deux militaires de carrière l'ont fait, dans le respect de valeurs morales et ethiques, et s'est engagée dans la très difficle école des cadets suite à un drame terrible qui l'a vu perdre sous ses yeux sa sœur jumelle et sa mère...
Ses attirances sexuelles et son deuil difficile ne lui permettront cependant pas de rester dans ce corps d'élite et elle devra choisir une autre façon de dépenser sa frustration et son désir de justice.
Sur son chemin elle rencontrera... Un grand costaud capé qui l'a prendra sous son aile, et une Alice hallucinée qui n'a peur ni des gros chats, ni des grosses (chauves) souris...

JH Williams, le dessinateur, propose un découpage, un dessin, un style magnifique, que les couleurs de Dave Stewart rehaussent plus qu'intelligemment.
Le cartonnage, le soin apporté à la maquette et la reproduction des couvertures originales participent à l'emballage d'un épisode (recueil des Detective comics 854 à 860), incontournable pour tout amoureux de bel ouvrage, et qui devrait rester dans les annales du comics.

Nb : Batwoman voit édité depuis Septembre aux USA son propre titre en kiosque, où la suite du récit ci-dessus chroniqué a commencé.
A voir sur le blog du dessinateur. ...C'est renversant !
JhWilliams3.com

samedi 12 novembre 2011

Les américains sont les plus fort ? : american vampire

American vampire tome 1
Scott Snyder, Stephen King
Raphael Albuquerque

Panini Vertigo Fev. 2011

Recueil français bienvenu des cinq premiers volume d'un comics américain qui semble faire l'unanimité chez les amateurs.
Il s'agit de l'origine des premiers vampires américains. Leur particularité par rapport à leurs homologues (ainés) "européens" : eux ne craignent pas la lumière, possèdent de grandes griffes acérées, ainsi que des crocs beaucoup plus longs et tranchants.
Cela leur permet de se rebeller contre les mafias de leur congénères  vieillissants.

L'époque : fin du XIXeme siècle début XXeme aux Etats unis.
"T'as encore pas coupé tes ongles chéri !"
Un ancien journaliste, auteur du livre "Mauvais sang", fait le lien dans une mise en abîme, entre les chapitres de cette fiction en racontant sous forme de petits flash backs comment il a assisté à une scène historique improbable. L'attaque du train où un chef de bande, Skinner Sweet sensé être sauvé par ses acolytes a réussi à s'échapper en semant le trouble dans l'escorte, montrant au passage son vrai visage de nouveau vampire, et celui de ses exécuteurs jaloux caché dans l'ombre.

Skinner Sweet fera cependant des petits, (au moins une, la belle Pearl), et essayera de casser la prédominance des anciens vampires.
On ne peut même pas compter sur elles !
(Pearl en échante posture)

...Un scénario plutôt intéressant, épaulé par le grand Stephen King, pour son premier vrai scénario bande dessinée; un dessin coupé au couteau, qui rappelle un petit peu Trillo (voire Griffon par chez nous), avec des couleurs adaptées, dans la ligne de l'ensemble du label Vertigo adultes..
Bref une bonne surprise, et beaucoup d'élégance pour un titre qui sort du lot dans l'effet de mode vampirique de ces cinq dernières années,

Fauteur de trouble ou de paix ? Peacemaker

Peacemaker T1
Ryoji Minagawa
Glénat, 2011

Paru en 2007 chez Ultra jump au Japon, ce manga a la particularité de nous proposer un western, mais à une époque future indéterminée, bien que ressemblant au crépuscule du XIXeme siècle. Du steam punk donc ?

Hope Emerson est un jeune baroudeur, dont le baluchon contient une arme de collection.
Il s'agit de celle de son père, Peace Emerson qui avait choisi la voie du spectacle pour montrer son adresse, avant d'être abattu.
Dans cet univers western décalé, l'unique manière de gagner beaucoup d'argent est de se battre en duel jusqu'à la mort. Hope Emerson va se retrouver embringué malgré lui dans ce grand cirque alors qu'il a promis devant la dépouille de son père de n'utiliser son arme que contre les démons, c'est à dire ceux qui prônent la violence armée.
Obligé de protéger la jeune Nicola, petite fille du patriarche de la famille Crimson à l'origine du gang des criminels cinglés les Crimson executers, celui-ci comprendra seulement en fin de premier tome pourquoi la demoiselle a décidé de leur échapper.

...Ce qui ressort de Peacemaker, c'est l'originalité simple de sa thématique western, avec un dessin relativement classique au niveau du trait.
Les critiques se situeront plus au niveau de la description systématique des "shots" que les duellistes utilisent dans leurs parties, (on sent que l'auteur s'est intéressé de près à cette pratique), tout comme ce futur qui n'apporte finalement  pas grand chose au Manga. On voyage en effet dans des villes qui n'existent pas mais dans un contexte si western qu'on se demande si ce n'est pas un manque de documentation qui a simplement déterminé ce choix.

On attend cependant la suite de Peacemaker avec une relative impatience, (il a paru début Novembre NDLR !),  afin de constater si ce titre tiendra la route.

Sorties du 15 au 19 Novembre 2011

mardi 8 novembre 2011

Raise the dead : zombies d'Albion ?

Raise the dead, tome 1
Léah Moore, John Reppion
Hugo Petrus, Marc Rueda

2011, Avril
Soleil Us comics

Belle couverture d'Arthur Suydam, grand artiste Us  un peu publié en France chez Glénat et comics Usa dans les 80's (Mudwog...) pour cette traduction d'un comics du label Dynamite américain scénarisé en équipe par la propre fille d'Alan Moore. (Auteure d'un grosse poignée de titres depuis 2006...)

La collection Us comics de Soleil compte maintenant une soixantaine de titres, avec pas mal de choses sympas, (cf le Alien chroniqué sur ce blog), dont le ton et les présentations (mis a part les grands formats Tarzan) pourront rappeler à certains feu le label Temeraire.
Cet enième comics profitant, on peut le dire, du phénomène de mode Zombies se lit plutôt donc bien.

Cependant, s'il délivre un dessin assez commun pour le genre, son scénario, même s'il parvient a nous tenir suffisament en haleine jusqu'au bout de ses 88 pages*  surfe sur tellement de poncifs (dont certains beaucoup vus au cinéma) qu'on se demande ce qui a décidé un éditeur a franchir le pas de la publication.
Quant à Soleil, qu'attendent ils de ce titre ?
On préfèrera le local délirant de "Apocalypse à Carson city". (Pas encore chroniqué ici ?, mince !!...)

...Le deuxième tome a paru*, et on va pouvoir vérifier la pertinence de l'engagement. (...A vos commentaires !)  Note dans l'attente : 9,5/20

Mais avec un calcul rapide : 2 x 14,90 = 29,80 €
> achetez plutôt le Halo Jones du papa Moore pour 25 euros, !

*(plus 5 de couvertures : Sean Philipps et Suydam)
**avec une belle couverture parodiant le "Never mind" de Nirvana ...





samedi 29 octobre 2011

Eternel Saint-Haon-le-Châtel : parution le 12 Novembre

Une soirée à ne pas rater si vous aimez à la fois la Bande dessinée 
et le patrimoine local. 
En plus, les auteurs du journal illustré "Guère épais" seront là pour dédicacer leur numéro 2 !
(déjà en vente depuis une semaine à la boutique)

samedi 22 octobre 2011

Du changement ?

Le froid est retombé sur notre bonne ville de Roanne, aussi.. pourquoi pas se réchauffer avec un petit modèle de blog un peu plus chaleureux ? (sanguinolant diront certains....)
Il s'agit juste d'une transition ludique, en attendant de choisir LE bon modèle et la maquette qui permettra d'associer l'utile à l'agréable, avec de nouveaux gadgets dynamiques.

Un peu de programmation de style .. et le tour sera joué, Blogger permettant aujourd'hui de faire des petites choses sympathiques.
Alors... à bientôt sous un nouveau look !

mercredi 19 octobre 2011

Un Bite club très mordant.

A crocs et à sang (Bite club)
Howard Chaykin, David Tischman/ David Hahn
(couvertures Frank Quitely)
Vertigo/Panini comics 2011

Vous pensiez tout connaître sur les vampires et commenciez même à subir frontalement la mode des séries TV, cinéma, Bd romantiques, classiques, réadaptées, cruelles et sanguinaires.
Il manquait pourtant quelque chose à tout ce "barnum" et ce sont Howard Chaykin, super scénariste, connu en France entre autre pour des anciennes séries avec Mignola (Iron wolf, Le Cycle des épées), de la SF (Cody Starbuck, revue Fantastique...), du DC, Marvel, mais aussi plus récemment pour son polar érotique Black Kiss, et David Tischman (True blood) qui nous l'offrent avec ce gros pavé ("Complete Bite club" en version originale) au ton très adulte.

Les Del Toro sont une famille mafieuse de Miami qui a cela de spécial qu'elle est entièrement constituée de vampires. Les créatures de la nuit dans ce futur très proche sont en effet parfaitement intégrées, et plus du tout assoifées de sang comme dans les contes fantastiques classiques. Ils ne portent pas de capes et dirigent des maisons de disque à la mode (Vamp records), ou sont propriétaires d'usines chimiques "Pharmatec", fabriquant des drogues pour vampires (le Plasmagoria), drogues bien entendu aussi vendue aux communs des mortels...

Bref, dans cet univers capitaliste très actuel et réaliste s'opposent Leto, le petit dernier de la famille, qui n'a rien trouvé de mieux que de rentrer dans les ordres, Risa, sa soeur, "Vamp" sans jeu de mot aux dents très longues (avec jeu de mot), et le reste de la famille, le tout dans un contexte d'héritage lié à la mort brutale du patriarche.

Mais tout cela serait trop simple si la bande rivale des Clowns latinos, autres vampires de la pègre locale ne cherchaient pas à prendre ausis le contrôle de la ville.

...Sexe, sexe, drogue (sang), violence et rockn'roll sont donc les credos de ce Bite club très hot dans lequel le jeune inspecteur Macavoy va vouloir rentrer, aveuglé par la très sexy mais vicieuse Risa.
Mais lorsqu'il doit accompagner son supérieur le lieutenant Fortine sur une enquête concernant des meurtres sauvages, le clan vampires semble une piste un peu trop évidente pour ne pas être louche.

Dessin agréable de David Hahn, un jeune auteur pas encore trop connu par chez nous, (Fables, traduit chez Panini), et superbes couvertures de Frank Quitely, parachèvent un must dont l'adaptation rapide au cinéma ou en série TV n'étonnera aucun amateur.
17/20

Voir aussi : Le blog de David Hahn

Une interview d'Howard Chaykin sur Pinkraygun.com

dimanche 16 octobre 2011

"Reconquêtes" de l'histoire, par Miville-Deschênes et Runberg

Reconquêtes T1 : La Horde des vivants
Lire l'interview du dessinateur sur ActuaBD

Miville-Deschênes & Runberg
Le Lombard 2011

Dans le premier tome de cette fresque historique à couleur "Heroic fantasy", Runberg présente une antiquité proche-orientale où de nombreuses civilisations, à la fois qui sauvages et raffinées pour certaines, s'associent pour combattre le même ennemi.
D'un côté les Scythes, les Atlantes et les Summériens, qui forment la Horde des vivants, de l'autre les Hitittes, et au milieu, une espionne...

La couverture, superbe, dans un ton très fantastique, et le dessin réaliste magnifique (et ses superbes couleurs) de François Miville-Deschênes, (pouvant rappeler le meilleur Cuvelier), laissent le lecteur sceptique dans un premier temps, car donnant néanmoins l'impression d'un énième album d'Heroic fantasy consacré à des fariboles pseudo historiques. Mais c'est faire fi de l'énorme travail de documentation de Sylvain Runberg, et de son scénario, aux ficelles bien tréssées.
Politique fiction, art de la guerre, sources historiques de civilisations mal connues (et bonnes idées) sont autant de points positifs qui participent à rendre ce premier tome passionnant.

Si ce n'est un détail prêt : et ce sera une des comparaisons possibles aussi avec Jean-Yves Mitton, autre dessinateur qui vient à l'esprit, et en dehors de l'aspect purement graphique : il s'agit bien entendu des détails "croustillants" mettant en scène des corps dénudés torturés ou eviscérés. On peut en effet ne pas trop goûter Mitton pour cela dans ses "oeuvres" traitant de l'antiquité (On nous dira que l'antiquité était barbare, cruelle, violente...moui, cela doit-il être LE facteur de réalisme d'une histoire ?)

Mais là.. même si certaines scènes ne sont pas loin parfois d'atteindre les mêmes limites, le dosage reste néanmoins plus "doux", donc plus buvable. Ce qui fait de "Reconquêtes" un album nettement plus intéressant et lisible que .. "Vae victis" ou "Chroniques barbares" par exemple.

Un premier tome à la fois étonnant, agréable, dérangeant, beau, ...
bref : à ne pas manquer.

mardi 27 septembre 2011

Dracula n'était qu'un enfant meurtri...

Dracula
L'ordre du dragon, tome 1 (l'enfance d'un monstre)
Corbeyran/Serge Fino
Soleil collection 1800
2011

"Encore une BD sur Dracula et des Vampires !?? bon sang, mais qu'ont-ils inventé encore ?"

...Fort de déjà 8 titres, la collection 1800 s'enrichit en cette fin d'été de deux nouveautés : un Sherlock Holmes ("et le Nécronomicon"), et ce Dracula.
Toujours le même principe : des enquêtes se déroulant au début du XIXeme siècle, et mettant en scène des personnages réels ou fictionnels liés à la littérature fantastique anglo-saxonne.
Un principe plutôt sympathique quoi qu'un peu effet de mode, heureusement servi par des équipes de talent et une belle maquette classique.

Si les épisodes de Sherlock Holmes précédents étaient scénarisés par Cordurié, on avait déjà rencontré dans l'un de ces tomes le personnage du seigneur des vampires présent dans cet opus. ("Et les Vampires de Londres")
...Oui, et alors ?
Et bien ici, Corbeyran a choisi de nous conter les origines de Vlad Tepes, le "boucher des Carpates", seigneur valache sanguinaire du 15eme siècle.
...Partir de l'enfance du personnage historique afin de tenter de nous expliquer de manière quasi analytique (de la psychologie) sa démence, (on croise d'ailleurs Freud dans l'épisode), et le culte vampirique qui a suivit, se révèle une idée fort intéressante et inédite.
Le fait de le faire en plus en flash back par le biais d'un médium de la petite équipe menée par Conan Doyle lui-même, Laetizia Girdano, sa nièce, Bram Stocker (l'écrivain) et Van helsing, spécialiste des démons, en est une autre, tout aussi géniale.
Et lorsque le scénariste nous propose une explication sur le pourquoi du comment, on se plait à faire un lien avec une autre série à succès : Les Stryges ! (scénarisée par... Corbeyran !)

Un beau tome 1 en tous les cas, qui ne manque ni de suspens ni de charme.
16,5/20

Le blog de Jean-Luc Istin, directeur de la collection 1800

Time bomb : remonter le temps pour échapper à la folie ?

Time bomb 1
Jimmy Palmioti/Justin Gray
Dessin : Paul Gulacy
Atlantic
2011

Pour la première publication du nouvel éditeur français de comics Atlantic, on peut dire que celui-ci a eu du nez. Belle couverture, format original cartonné moyen, et équipe créatrice de qualité font de ce "Time bomb" une réussite.

...Berlin de nos jours, une équipe travaillant dans le métro met à jour une salle souterraine immense construite par les Nazis afin de survivre à une attaque nucléaire.
Une troupe spéciale du nouvel ordre mondial tente une approche, mais cette salle abrite une bombe Omega qui s'avère armée chimiquement et se met en phase de lancement au contact des "envahisseurs".
Dans toute l'Europe, seuls les quelques humains abrités ou équipés échappent à une mort atroce lors de la déflagration.
On confie alors à la troupe spéciale une mission suicide : partir pour le passé grâce à un prototype : La Time bomb, afin de remonter le temps pour empêcher ce désastre.

.. Si le thème de la machine à remonter le temps a déjà été maintes fois utilisé, au cinéma surtout (H G Wells, Terminator...) on a assez peu d'exemples de récits en bande dessinée ou en comics dans un contexte de SF aussi "réaliste".
L'utilisation de nazis est quant à elle beaucoup plus commune mais l'intérêt de ce premier tome réside justement dans leur absence.

...Suspens et enchaînements sans répit sont les maîtres mots de cet album au dessin très agréable, qui nous laisse sur un suspens haletant... Vivement le tome 2 !
et...bravo Atlantic (et Palmioti !)

Le site d'Atlantic BD

vendredi 23 septembre 2011

Sorties du 27 au 30 septembre 2011

bd

Alchimie Tome 2

Chambres noires Tome 2

didier barcco Plaisir d'offrir fierté de

La 6ème heure Tome 2

Le Vampire de Benares Tome 2

Les champs d'azur Tome 3

Les naufragés d'Ythaq Tome 9 DERNIER VOLUME !!!!

Les voies du Seigneur Tome 3

Luuna Tome 7

Shi-Shoo Les malheurs de petit Litchi

Triangle rose tome 1

Trolls de Troy Tome 8 en 3D Zombies Tome 2

manga

DANCE IN THE VAMPIRE BUND T06

FREE FIGHT T26

GENKAKU PICASSO T01

Omega Complex T03

CRASH T01

VAMPIRE HOST DE LUXE

comics

Hellblazer

JLA Nw World Order T03

Raise the dead T02

lundi 19 septembre 2011

Les Trésors d'Alan Moore : Halo Jones

Les trésors : la ballade de Halo Jones
Alan Moore/Ian Gibson
Soleil Us comics
2011

"Ca fait maintenant deux jours que je me bats dans la dépression/ Ca fait 6 mois que je me bats dans la dépression".
On y rentre en passant les portes du bouclier, on hurle, on court partout et on tire sur des trucs pendant cinq minutes, puis on en ressort pour s'apercevoir qu'un mois s'est écoulé à l'intérieur. Comme dit le sergent Woo. "Ca fait passer le temps".
Mon horloge interne semble détraquée.En plus chaque fois qu'on sort ça semble être l'heure du petit déjeuner. J'ai eu six petits déjeuners gargantuesques en 2 jours, ou est-ce que ça fait un déjeuner gargantuesque par mois ?
Le pire a été de m'apercevoir que j'avais manqué mon anniversaire, de deux semaines. J'ai trente ans maintenant , mais je ne me rappelle pas que c'est arrivé. C'est pas grave, j'aurais peut-être plus de chance quand j'aurais trente et un, ...dans trois jours. (...)"


Fou comme ces bandes inédites en France sous forme d'album nous rappellent le meilleur de la science fiction. On se croirait dans Blade runner, ou Outland..., pour ne pas citer les films de ces vingt dernières années qui ont semble t-il bien dépouillé ce récit et ce style. (...)
Publié au début des années 80 dans la revue anglaise 2000 AD, Halo Jones

samedi 17 septembre 2011

Sorties du 22 septembre 2011

BD / COMICS

DO ANDROIDS DREAM ELECTRIC T3

ILS ETAIENT DIX T4

LE MODELE

PT CHAPERON ROUGE TRANSYLVANIE

SERVICE

TU MOURRAS MOINS BETE

MANGA

07 GHOST T5

AMANCHU T03

ARCANE DE L AUBE T3

ARTELIER COLLECTION T10

CRIMSON PRINCE T06

DOFUS MONSTER T07

HITMAN PART TIME KILLER T5

MY GIRL T4

RUN DAY BURST T03

SILVER DIAMOND T14

SOIL T5

ZOMBIE LOAN T13

vendredi 16 septembre 2011

Sorties du 21 septembre 2011

MANGA

Alive T16 - Adachitoka, Tadashi Kawashima

All rounders Meguru T02 - ENDO-H

Berry Dynamite T02 - NAKAHARA-A

Bleach - Tome 44 - Tite Kubo

Complément affectif T10 - OKAZAKI-M

Darren Shan T09 - Takahiro Arai, Darren Shan

Divine Nanami T03 - SUZUKI-J

Docteur Slump perfect edition - Tome 12 - Akira Toriyama

Dossier A T10 - TOSHUSAI-G+UOTO-O

Dragon Ball perfect édition - Tome 16 - Akira Toriyama

Dream Team - Tome 2 - Takeshi Hinata

Drôles de racailles T10 - Miki Yoshikawa

Family compo T07 - HOJO-T

J'aime les sushis T06 - KOMURA-A

Kenshin perfect edition - Tome 12 - Nobuhiro Watsuki

Melty Blood T05 - French Bread, Takeru KIRISHIMA, Type-Moon

Negima?! Neo T06 - Ken Akamatsu, Takuya FUJIMA

Peacemaker - Tome 1 - Ryouji Minagawa

Reborn - Tome 27 - Akira Amano

Saint Seiya next dimension T03 - KURUMADA-M

Sayuki reload T10 - MINEKURA-K

Shinjuku Fever T01 - KUBO-M

Spiral T06 - Eita Mizuno, Kyô Shirodaira

BD / COMICS

Ashrel T03 Tanatis - VALP

Astrolabe de glace T01 Les éphémérides perdues - BLENGINO-L+PALMA-A

Authority T02 - MILAR+QUITELY

Batman Universe T01 - GAIMAN+KUBERT

Die Hard T01 - CHAYKIN+THOMPSON

Du plomb pour les garces T02 seconde partie - MALNATI+MANGIN

Durandal T03 Les marches de Bretagne -

Dwarf T02 Razoark - SHOVEL+FOGOLIN

Foot 2 rue T17 - CARDONNA+MARIOLLE+TORTA

Franky Snow - Tome 11 - Eric Buche

Green Lantern Versus Aliens -

GUERRE DES BOUTONS - THIRAULT-P+SOLEILHAC-A

Horologiom T06 Le ministère de la peur - LEBEAULT-F

L'assassion royal T05 Complot - PICAUD+GAUDIN

L'île de Puki - Tome 1 - Ludovic Danjou, Djet

La Française T01 Mireille - TRILLO-C+TUNICA-P

La rose et la croix T04 La couronne de Prusse - POPESCU+JARRY

Le fayot T01 Moi M'sieur Moi M'sieur - VEYS-P+TOULON-A

Marie-Lune - Tome 4 - Sylvia Douyé, Yllya

Nemesis T01 - MILLAR+MCNIVEN

Onmyoji T06 - YUMEMAKURA-B+OKANO-R

Powa T03 Rivière - FIQUET-B

Sacha Fashion couture T01 BJD et petits secrets - TOZZI+VALIN-F

Snorry et Machefer T01 La malédiction de la fée Kalôm - ALBIN

Thomas Silane T06 - ZAGHI+CHANOINAT+BUEND

Thor pour Asgard - RODI+BIANCHI

Walking Dead T14 Piègés ! - KIRKMAN-R+ADLARD-C

Wolverine : Old man Logan - MILLAR+MCNIVEN

vendredi 9 septembre 2011

Un Dieu, quelque part ! : a God somewhere

A God somewhere
John Arcudy/Peter Snejbjerg
Panini 2011

Belle surprise, très belle surprise que ce Graphic novel, qui n'aurait de Comics que le fumet (le format, l'éditeur, les scènes de vol et de batailles, sinon, ses auteurs... oui, bon...), car l'histoire de ce gars qui pourraît être un Dieu, quelque part (A God somwehere) tendrait plutôt vers l'œuvre de pure réflexion.

Mais ...n'est-ce pas ce qui fait la force des grands comics généralement, et de John Arcudy ici, que l'on avait pu remarquer déjà avec le Aliens alchemy sur des dessins de Richard Corben (Toth éditions) ?
A God somwehere décrit le destin incroyable de Eric, et du malheur de sa petite famille tranquille : Hugh, son frère, marié avec Alma une belle métisse, et Sam, leur pote black commun.
Un jour où une explosion inexpliquée dévaste le quartier d'Eric, celui-ci se retrouve miraculeusement épargné et affublé de pouvoirs miraculeux, inexplicables, sans limites.
...Au départ, celui-ci, désemparé œuvre pour la bonne cause, puis, progressivement, inexorablement, mis de côté car trop différent des autres humains, il devient mystique et sombre dans une sorte de folie rédemptrice, où chaque homme pour lui est un pêcheur en puissance, qui ne mérite pas le respect.
Les choses se gâtent donc, car devenant rédempteur, sorte de Hulk dangereux, il devient nécessaire de l'abattre. Oui, mais... il est invincible...?

...Si le départ pouvait faire songer au "Sixième sens" où Mel Gibson jouait le rôle d'un personnage au même destin, c'est la suite donnée par Arcudy qui lui confère son originalité propre.

Comme Mignola l'écrit au dos du livre : "Selon moi : l'approche la plus humaine qu'on ai jamais réalisée sur une histoire de super-héros", on ressort bouleversé par cette histoire très dynamique mais au potentiel émotionnel fort. Plonger au cœur d'une famille plutôt soudée que l'on voit soudainement imploser et se déchirer pour des raisons difficiles traitées de manières hyper réalistes a quelque chose d'émouvant et dérangeant.
John Arcudy arrive à mêler les deux aspects héroïque et social de façon quasi homogène et retient l'attention de ses lecteurs jusqu'au bout.

Peter Snejbjerg, dessinateur danois très talentueux, remarqué sur la série US Abe sapiens il y a peu, mais publié en France pour l'instant surtout avec les albums de Soleil "Sur la terre comme au ciel" (2004) et "Les maître du désordre" (N/b chez 2000, Rackam) (mais cela change ces dernières années avec l'arrivée de ses titres comics), maîtrise quant à lui parfaitement la chose et délivre un dessin tout en rondeur qui, sur certaines cases ferait penser à un mix entre un Corben et un Gary Frank.
Par contre ses scènes de combat sont concrètement vraiment influencées j'ose le dire par Corben. (cf la dynamique de celles de Tarzan ci-contre, tirée de la Mini-série "Love, lies and the lost city" parue d'août à octobre 1992 chez Malibu).
...Une belle carte, non ? et un dessinateur vraiment à suivre.

"A God somewhere..." se révèle au final une réussite totale pour une sorte d'essai ...captivant.

Quelques belles couv de Snejbjerg


Le lien vers Comicart.dk, où l'on peut voir d'autres planches de Tarzan.

Sorties du 14 septembre 2011

BD

Business is Business

Destins - Tome 10

Destins - Tome 11

Enchaînés - Saison 2 - Tome 2

Top 15 T05 Spécial Mondial

Une nuit de pleine lune

Zoé et Pataclop T02

COMICS

DEADPOOL CORPS T02

JACK OF FABLES T05

JLA CRY FOR JUSTICE T02

SCALPED T04

MANGA

A la recherche du temps perdu

Broken Blade T09

Deux exs machina T02

Freezing T07

Full Ahead ! Coco T27

Guerre et paix

Hikaru Non Densetsu T02

Honey Blood T01 et T02

H2 T31

Je suis Toujours T04

Lovely Love Lie T04

Number T05

Professor Strange Love T03

Romantic Obsession T1

Sora Log T03

Stardust Wink T01

Taboo Tatoo T03

Tsubaki Love T04

Vamos LA T03

Vampire Doll T05

Vampire Queen Bee T03

jeudi 1 septembre 2011

Aftermath : Les xeno zones sont parmi nous !

Aftermath
James Hudnall/Mark Vigouroux
Humanoids
Nov 2010

Aftermath est l'intégrale sous format collé des volumes parus intialement sous le titre "Trigs" entre 2004 et 2005. Un système de rééditions bienvenu, qui permet de (re)découvrir des séries SF souvent de qualité, un peu passées inaperçu. ("Metal" par exemple, 2006...)
Car si les Humanoides associés des années deux mille ont malheureusement perdu de leur splendeur par rapport à l'age d'or des années 80 (les années Metal hurlant), il faut reconnaître tour de même que cet éditeur à malgré tout continué à pourvoir de beaux récits d'auteurs, souvent US ou espagnols, sur son catalogue. L'avantage de ces intégrales permettant au moins au plus grand nombre (car pas cher, et pratique) de mettre la main sur leurs histoires.

Les Trigs, ce sont des humains modifiés, soldats aux pouvoirs importants, qui ont été concus par l'Afmed, lors d'un programme de défense d'invasion extra terrestre : les Fyr.
Ares, Medb, Vulcain, Kali, Visvakarma, qui sont envoyés en groupe pour lutter à l'époque, s'honorent de leur travail puis sont démobilisés.
Aujourd'hui, quelques années plus tard, alors que la paix est revenue semble t-il mais que d'étranges xenozones dangereuses aux humains parsèment le territoire, on tente de les supprimer, un par un, peut-être parce qu'ils en savent trop.
Arès fuit, en essayant de comprendre qui a intérêt à ce silence...

...Aftermath se distingue par un dessin entièrement numérique, qui, au dessous de sa couleur m'a rappelé l'expérience ancienne de "L'empire des robots" de Mickael Godze et Verlag Carlsen, (1990), la première BD qui avait été conçue ainsi à l'époque. Aujourd'hui, cela est évidemment plus courant, mais l'aspect jusqu'au boutiste de l'expérience distingue encore cette série moderne. On avait déjà pu d'ailleurs remarquer la patte de Mark Vigouroux sur la série "Miss", ("Bloody Manhatan", 1er tome sur 4), de 1999 à 2001 aux Humanos.

Son scénario est ténu, (normal, car écrit par le grand James D. Hudnall), et pourra rappeler sur au moins un aspect le "Immortel" de Bilal (le film), avec sa fameuse xénozone, tout comme des éléments de Watchmen ("who watch the watchmen" ?) pourront être remarqués. Ceci dit, le beau mélange de scènes de poursuite, de suspens, de jungle, ou spatiales (les résidences spatiales de Vulcain), de combat militaire , mêlé à une ambiance polar dans l'enquête que mène notre héros, sans oublier la réflexion politico-économique de richesses extraterrestres confère à cette série un sérieux et un intérêt qui ne peut que séduire les amateurs.
Bien joué les Humanoids !

http://www.humano.com/

Sorties du 07 septembre 2011

BD / COMICS

12 Septembre - Tome 1 -

3 secondes

America

Brit T01 Baroudeur

Chimère(s) 1887 - Tome 1

Daddy

Le dieu singe T3

L'arche - Tome 1

Le Petit Prince - Tome 1

Les deux du balcon

Les fonctionnaires T12

Normandie, Paquebot de légende - Collectif

STAR WARS THE OLD REPUBLIC T01

Vue d'artiste



MANGA

A town where you live T04

Air Gear T29

Bienvenue au palais de l'amour

Bloody Monday T07

Captain Tsubasa T09

Chi - Une vie de chat T06

D.Gray-Man T21

Fairy Tail T20

GANTZ T30

GTO Shônan 14 Days T01

HOMUNCULUS T15

Kings of Shôgi T03

Lady and Butler T05

Maid Sama T09

One piece T58

Princesse Sakura T01

Spécial A T16

X Blade T02

mercredi 31 août 2011

The Traveler et la madeleine de Proust

C'est la rentrée, la boutique a rouvert ses portes, et c'est donc le retour d'Hector et de ses chroniques. Aujourd'hui :

The Traveler
de Mark Waid et Chad Hardin
d'après Stan Lee
E. proust coll. Atmosphère
2011

Je ne sais pas si Emmanuel Proust a tiré le gros lot en achetant ces licences d'histoires inédites imaginées par Stan Lee, mais il faut avouer que cette nouvelle série, (sur un "pack" de trois, dont : Soldier zero et Star born) est plutôt réussi et intéressante à lire.

J'avais, je l'avoue un apriori sur les éditions Proust il y a encore peu, car il faut bien reconnaître que le début de catalogue de cet éditeur, avec sa spécialité d'adaptations de romans "populaires" en BD, dont le "A la recherche du temps perdu" m'avait personnellement peu enthousiasmé.
Cela ne s'est pas arrangé avec des histoires d' héros antiques, (Ulysse), à l'aspect pédagogique un peu énervant, ou d'autres adaptations un peu systématiques d'auteurs fantastiques, bref, une constante et une politique un peu trop évidente et canalisée qui ne m'intéressait pas vraiment.
Et puis sont apparus quelques titres un peu plus originaux, (plus Graphic novel), des formats plus comics avec de belles maquettes, et des dos ronds comme sur ces volumes, qui ont fait la différence. (Comme quoi, l'emballage...)
...The Traveler, pour revenir à nos moutons (et pas ceux de K Dick, aussi adapté chez Proust), conte l'histoire d'une expérience scientifique quantique qui tourne mal, donnant à l'un des protagonistes le don de dompter le temps, malgré qu'il ai perdu son amour (Julia) dans l'accident. Ronald K. va devenir alors "Kronus", le traveller, très beau dans son costume bleu ciel, et va tenter de lutter contre l'autre partie, un collègue carriériste moins chanceux (Dr Colding) qui a été défiguré et se sert des pouvoirs qui lui ont ausi été conférés pour semer le désordre.

Cela vous rappelle quelque chose ? normal, Stan Lee reste Stan Lee, et l'univers Marvel n'est pas loin, mais ce comics possède sa propre identité, en dehors du reste de l'univers de la maison aux idées.
...Les personnages sont attachants et le ton sufisament adulte pour créer le suspens et l'intérêt. Mark Waid assure donc, tout comme le dessinateur Chad Hardin, connu pour Vampirella.
Bref, une réussite.
La suite en Octobre.

Le site des éditions Emmanuel Proust

mercredi 3 août 2011

Vacances été 2011

Congés annuels du 09 au 16 août 2011.
Nous vous retrouvons à partir du 17 août 2011 à 12h30.

Bonne détente à tous !

mercredi 6 juillet 2011

Texas exil : les communards se là jouent Ok corral.

Texas exil
Daeninckx et Mako
Collection Atmosphère
Emmanuel Proust
Mars 2011

Non, ce n'est pas OK corral, mais presque : une sorte d'ovni dans la production éditoriale bdphile, qui méritait d'être remis au goût du jour, (dans cette belle maquette demi format cartonnée au dos rond), puis que l'éditeur avait déjà proposé cet album sous une autre forme en 2005. Ovni de 113 pages traitant de la commune, du socialisme. Et de l'émigration de français aux USA à la fin du XIXeme siècle.

Nous sommes en 1871 à Paris et l'auteur va nous présenter Fulbert Jolras , communard, qui va entre autre croiser la route de Pierre Auguste Renoir et qui, par rapport à ses accointances va devoir s'exiler aux états unis après avor vu sa bande se faire décimer par l'armée régulière.
Là bas, sous le nom de Bravado, (le précédent titre de l'album) il va vivre une aventure très particulière et refaire sa vie, de manière assez incroyable, croisant même la bande de Géronimo sur la fin.

Tout cela est raconté dans un grand flash back à sa fille puisqu'au début de l'album, Fulbert Jolras est un vieil homme qui prend le bateau pour revenir en France où il a été recherché durant toute sa vie.

Didier Daeninckx est un romancier à succès chez Gallimard entre autre que l'on a déjà eu l'occasion de lire en BD sur des titres de qualité comme le Der des Der, ou Varlot soldat, avec Tardi, et dans le même registre noir mais plus polar avec son accolyte Mako dans des titres chez Rivages noir ou Ep.
Mako quant à lui avance à pas feutrés mais sûrement, délivrant un dessin noir et blanc au trait fin précis, encré au couteau dans la page, qui se prète très bien aux histoires souvent violentes de son scénariste.

Un album en tous cas particulièrement bien ficelé, et captivant, chaudement recommandé, à la fois en terme d'apport historique, quelques pages en fin de volume permettent d'ailleurs de resituer le contexte avec des documents originaux, que pour le plaisir que l'on éprouve à la lecture de son scénario très original.
> 18/20

Tombé du ciel


Tombé du ciel
1ere partie
Charles Berberian, Christophe Gaultier
Futuropolis
Janvier 2011

Un bel ouvrage cartonné au dos rond, plutôt symathique, surfant entre humour et science fiction.

L'histoire d'Emile, guitariste rock qui va avoir un blanc lors d'un concert avec son groupe amateur en 1982 en Bretagne.
Quelques années plus tard, en 2010, Emile mène une vie plutôt pépère au sein d'une petite famille tranquille : une femme, un fils, des beaux parents sympas.
Or, un soir, pris sur le fait par son patron dans une demeure qu'il est en train de faire visiter d'une manière un peu personnelle à une petite amie, un évènement incroyable arrive : un extra terrestre, atterrit là par hasard croit-on au début, rentre dans sa vie.
Ce dernier va lui expliquer que c'est lui qui lui a volé un instant de son concert en 1982 (...)

La fin de cette première partie nous laisse vraiment l'eau à la bouche, de manière assez poétique d'ailleurs, et on a hâte de découvrir comment la situation va pouvoir évoluer.

Sur plus de cent pages ce nouveau récit nous permet d'apprécier à nouveau, mais pas en couleur cette fois ci le dessin habituellement léger et inquiétant de Christophe Gaultier, qu'on avait bien aimé sur des titres comme le Cirque aléatoire (Treize étrange), Kuklos (Soleil) ou encore Robinson crusoé (Delcourt) . Ici un dessin au trait, non encré, dans des tons grisés et aux larges cases, dans un style plus humoristique ceci dit, l'apanage de Berberian dira t-on.

Un album très grand public à la maquette soignée, qu'on pourra même proposer en jeunesse, et qui associe étude de moeurs et SF , pour notre plus grand plaisir.

lundi 27 juin 2011

Venez (dés) habillés !

Skins party
Timothé Leboucher
Manolosanctis

Format moyen, façon comics cartonné de 108 pages.
Si l'éditeur web alternatif a choisi d'éditer Timothé Leboucher, jeune auteur inconnu jusqu'à présent, et ce sous forme papier, c'est qu'il est promis à un bel avenir.
C'est en tous cas ce qu'on se dit au regard de cet album dont les influences sont à trouver du côté de Daniel Clowes, rapport à la thématique adolescente et campus universitaire, et du côté, un peu moins connu, du film Donnie Darko (Richard Kelly, 2001.), avec son aspect cruel psychédélique et même morbide. On y trouve aussi de l'érotisme (voire de la pornographie), de la violence, puisque la fin est plutôt dramatique, ...et le thème de l'homosexualité n'est pas un des moins présent.
Le trait de Timothé Leboucher pourra rappeler fortement celui de Bastien Vives, et les chapitres qui rythment ce roman graphique donnent vraiment l'impression d'un graphic novel américain, dans le ton indépendant qu'il défend.

L'histoire est passionnante , qui fait donc référence à ces fameuses fêtes où les adolescents mènent des boums débridées, et on remarquera la rigueur scénaristique qui permet de ne pas manquer une miette de l'histoire.

On attend avec impatience un prochain titre de l'auteur, qui sans nul doute risque de se voir offrir d'autre contrats, ailleurs ...
Un sans faute, pour adultes, précisons-le.

La fiche et le preview sur le site de Manolosanctis

Wotila, you (Wisi) got(h) good taste !

La saga de Wotila
Ps : merci aux fans des Cramps, qui auront relevé le clin d'oeil du titre de cette chronique. (Oui, je sais, j'abuse)


T1 Le jour du prince cornu
Hervé Pauvert/Cécile Chicault
Delcourt 2011

Cette nouvelle série grand format nous permet de découvrir sur 56 pages et de manière plutôt réussie l'histoire d'un prince bâtard au V eme siècle. Dans cette fin d'antiquité et aube moyen-âgeuse l'empire romain est alors en pleine décomposition et les Wisigoth, peuple qui a quitté un territoire situé au nord ouest de la mer noire depuis 376, repoussé par la vague Huns a passé le Danube pour s'installer en Gaule. Menaçant l'Italie et Rome, dont ils ont fait le siège un peu plus tôt, ceux-ci se voient offrir en échange d'une sécurisation des frontières un gros territoire à l'ouest, de la cité de Poitiers jusqu'aux Pyrénées. Mais les conflits de pouvoirs ne peuvent se contenter d'un territoire...

Dans ce contexte ethnologique riche et fort de tensions, et aux personnages attachants, l'action se mêle à la poésie et à la magie. On y apprend d'ailleurs entre autre les origines du Carnaval. La reconstitution est réussie, le style enlevé.
Le dessin de Cécile Chicault, dont c'est le premier grand album, tout comme Hervé Pauvert, pourra dés le premier abord faire classer cet album en BD jeunesse. L'impression grand public est d'ailleurs rapidement confortée par le lexique que l'on trouve en fin d'album, où Wisigoths, mythologie germanique, Gaule à la fin de l'empire, et Personnages historiques nous sont expliqués. Ceci dit, un adulte y trouve largement son compte, l'intrigue étant suffisamment complexe.

En conclusion, une belle réussite dont on attend la suite avec impatience.
A noter que les couleurs sont aussi réalisées par Cécile Chicault.


Analyses