jeudi 27 décembre 2012

XIII : on tourne en boucle ?



XIII T21 l'appât
et XIII Mystery Steve Rowland
Dargaud
Oct 2012

La très bankable série XIII poursuit son chemin, et si on se demandait, à l'aube des années 2000 si on en verrait le bout, la réponse a été donnée avec la parution du 1er tome de la série "spin off" : XIII Mystery en 2008.

Belle idée que de revenir sur les personnages principaux de la série, afin de mieux pouvoir nous faire patienter pour le reste :-) (Tome 19 : 2007, tome 20 : 2011 !)

"L'appât" prend donc la suite directe du "Mayflower", volume du "relaunch" de la série mère en quelque sorte, où XIII, alias Steve Rowland, alias Jason Fly... tente d'échapper à une énième conjuration, tout en reprenant petit à petit conscience de son passé; (voir précédente chronique)

Ici, c'est le colonel Jones qui va servir d'appât dans les montagnes afghanes afin de l'attirer vers ses nouveaux "employeurs".
Pas initnéressant, ce tome transitoire, on le sent, n'offre cependant que peu de rebondissements, se contentant de déruler le fil d'une série bien huilée. Notre héros passe sans broncher.

On lui préfèrera le tome 5 parallèle, dessiné par Richard Guérineau et scénarisé par Fabien Nury, où l'on s'enfonce dans le passé trouble du jeune Rowland, apprenant au passage pas mal de choses qui nous donnent à apprécier différemment (heuuu.. ) ce héros aux identités multiples.
... L'impression de rembobiner le film du "Jour du soleil noir" avec une explication de texte.
Intéressant et divertissant, mais... était-ce nécessaire ?

mercredi 26 décembre 2012

Fear itself : même pas peur !


Fear itself tome 1
Marvel/Panini 
Fevrier 2012
Victor Gischler, Dan Abnett et Andy Lanning, Brandon Montclare et Cullen Bunn
Dessins :  Goran Parlov, Michael Wm Kaluta, Simon Bisley, Ryan Bodenheim et Kyle Hotz

L'univers Marvel est complexe, et les séries principales de ce gros éditeur comics s'aventurre régulièrement dans ce qu"'on appelle des crossovers. c'est à dire des mélanges de genre. Il s'agir de faire cohabiter des personnages de différentes séries le temps d'épisodes partculiers. Cela s'est aussi vu entre éditers (Marvel vs Dc...etc.)
Ici, l'introduction nous rapelle les derniers évènements qui ont plongé la plupart des personnages dans l'incertitude, le doute (Secret invasion, Civil war, Siège..) pour mieux nous plonger encore plus  bas ?

Fear itself (la peur elle-même) regroupe cinq histoires indépendantes parues en fascicules*, et ont en commun de mettre en scène des héros habituellement peu en phase, et une thématique : la Peur.
Comment les héros la gèrent -ils ? et comment celle-ci, dans ce qu'elle a de plus viscérale peut-elle être représentée ?

C'est l'intérêt mais aussi la limite de ce TPB (recueil) qui, s'il donne à lire de façon un peu lourde et confuse des épisodes plein d'énergie, nous englue quelque peu la cervelle. (*Ce ne sont que des spin off de la série principale, d'après certains commentaires de forums, ce qui qui explique sans doute cela.)
Howard the duck "combattant" Man-thing, aux côtés du monstre de Frankenstein, de Miss hulk et Hawkeye.. Namor ne sachant plus  qui il est...
Les dessins sont réalisés par une ribambelle de besogneux, qui, s'ils relèvent le défi nous donnent plus un sentiment de malaise et de gâteau crémé chantilly, qu'à une patisserie de qualité.

J'ai eu du mal à aller jusqu'au bout, soyons honnête, et ai retenu : l'épisode sur l'origine des vampires au Japon, un peu à part dans son côté plus "réaliste", et la notion de "Nexus de toutes les réalités" dans l'épisode Man-thing/Howard the duck, épisode bien déjanté.
... "La chose homme" dont Man-thing (c son pseudo) nous explique tout et le reste sur le super forum Buzzcomics.net


Brrrrrr... j'ai eu vachement peur (de pas finir cette chronique !)

jeudi 13 décembre 2012

Une marionnette dans le désert : tale of sand

Tale of sand
Jim Henson/Jerry Juhl
Ramon K. Perez
Paquet
Nov 2012

Jim Henson, né en 1936 dans le Mississippi était un dessinateur, graphiste. C'est son entrée à l'âge de 17 ans dans l'univers télévisuel des marionnettes, qui l'amena à créer sa série Sam and friends. (...)
Les dix pages d'avant-propos et de prologue de ce bel ouvrage permettent de bien (re)mettre en lumière le travail du créateur (avec Jerry Juhl) de la célèbre émission le Muppet show (1974), pour lequel il est mondialement reconnu.

Entre 1967 et 1968 les deux collègues mirent au point un scénario de ce qui devait devenir un long métrage.. qui n'aboutit jamais.
C'est ce scénario "perdu", mis en image sur environ 150 pages grâce à l'accord et le soutien de sa fille Lisa Henson, et le talent du dessinateur Ramon K perz, qui  permet aujourd'hui de se plonger dans l'univers étrange et psychédélique de Tale of sand. (C'était l'époque !)

 Nous sommes dans les années 60, dans une petite bourgade d'un désert américain.
 Mac est un jeune américain qui se voit littérallement emporté (poussé) par une foule afin d'accomplir une sorte d'épreuve (initiatique ?). Celui-ci doit franchir une ligne, puis courir sans s'arrêter, tandis que divers pisteurs tous plus fous les uns que les autres tentent de le rattraper. (!?)

Cette "épreuve des flèches" indienne prend une allure fantastique, dans la démesure qu'elle fait exploser. Le temps semble ne plus avoir de réalité, ni l'espace, puisque Mac va se retrouver aux prises de tribus arabes, de joueurs de footbal américains, vivre des explosions, des scènes de films classiques... jusqu'à ce que...

Le délire du duo de scénariste aurait effectivement pu donner un sacré film dans les années soixantes. On pense aux Monty Pythons, à Peter Sellers dans The Party.. à des scènes de la mort aux trousses, de 100.000 dollars au soleil... et la démesure sans limite apparente de l'écriture est formidablement mise en valeur par les dessins amples et la mise en page de Perez.

La forme et le fond de ce graphic novel aux dialogues comptés valent le détour.. même si on a un peu le sentiment, que malheureusement.. il arrive un peu trop tard...

Si Tale of sand a obtenu un grand nombre de prix aux Etats unis, il n'est pas sûr qu'il connaisse le même succès par chez nous, mais il est certain que cette oeuvre méritait d'être publiée.









http://www.paquet.li/bd/catalogue/727-jim-henson-s-tale-sand

vendredi 7 décembre 2012

Sans peur et 100 chroniques !

Les 100 chroniques sont dépassées ce mois-ci !

Déjà 100, depuis le 10 Juin 2010, mois où Eddy et Ludovic m'ont gentillement donné leur confiance pour oeuvrer au développement du blog de la boutique Nebular store qu'ils dirigent.

J'en profite pour les remercier de leur enthousiasme et confiance et remercier les lecteurs (que je sais très nombreux :-) pour leurs lectures attentives.

Vive la BD, les comics, les mangas !!  et c'est reparti pour 100 autres lectures !
Continuez à défendre votre libraire indépendant en achetant chez Nebular store !

Swamp thing de Snyder : la sève à la bouche

Olsen, ou Holland ?...
Swamp thing, de sève et de cendre (T1)
Scott Snyder, Yanique Paquette Marco Rudy
Urban comics
Oct 2012

Alec Holland, personnage historique de cette série fantastique créée dans les années 70 par Lein et Wrightson*,  a ressucité  suite aux épisodes crossover "Brightest day" et "the search for swamp thing".

Dans cette relance écrite par Scott Snyder (American Vampire, Batman la cour des hiboux), Alex Olsen est le "remplaçant" factuel d'Holland, au service de la sève qui est une force végétale violente, symbole de la vie, regroupant arbres, lianes, herbes...
Celle-ci rappelle Holland afin de l'aider à lutter contre une force sèche et pourissante, symbole de la mort, qui a déjà à ses côtés quelques humains zombifiés et William, leur chef, un jeune garçon atteint d'une maladie grave qui le rend allergique à la chlorophyle.

Abigail Arcane, la demi soeur de William, hésite entre son attraction vers le côté obscur et son amour "passé" pour la créature des marais, (où l'homme derrière la chose...Olsen ou Holland ?...)
Alec Holland, dont les souvenirs difficiles dans la peau de Swamp thing appellent à la prudence se décidera t'il au sacrifice de chair pour sauver les valeurs qui sont les siennes ?

Dans cette première partie d'un récit prévu en deux tomes, Snyder nous délecte d'une trame alléchante, où la Sève, entité biologique végétale, finalement assez fragile est la nouvelle grande trouvaille, tandis que le monstre pourrissant semble incontrôlable et surpuissant. Les mouches et zombies qui l'entourent indiquent les précédents macabres et gores des autres récits de l'auteur, mais son respect pour l'oeuvre de Lein, et Moore, autre scénariste de la série, permet une relance intéressante.

La suite devrait conclure de belle manière ce comics de légende.

(*) Alec Holland, jeune professeur ayant découvert un produit chimique permettant de synthétiser la chlorophyle, meurt suite à l'une de ses expérience, et se jette en feu dans les marais, devenant the Swamp thing, la créature des marais, faite de mousse et de branches...

samedi 1 décembre 2012

"Bouncer to hell" : jeu de main, jeu de villain !

Bouncer T8 : To hell
Jodorowski/Boucq
Glénat, Nov 2012

Dans ce nouvel épisode, Bouncer, assistant shérif alcolo dans la petite bourgade où on l'avait laissé (ça vous rappelle quelqu'un ?) est tiré de sa partie de poker à L'Infernio par le crime odieux commis sur deux de ses amis.
Parmi eux : une jeune indienne, qui a été transpercée de part en part alors qu'elle était enceinte.
Les coupables :  une bande de corrompus, provenant d'un pénitencier se situant en plein milieu d'un désert accidenté, et dont l'unique accès se fait par le biais d'une voie ferrée longue de plusieurs kilomètres. A la tête de ces bourreaux, le fils dégénéré du patron du pénitencier.
..Autant dire que Bouncer aura fort à faire pour rendre justice..

Commençant par une action dans le présent avec une fuite haletante de Bouncer dans la montagne enneigée, pour échapper aux loups, ce récit donne d'entrée le ton : la survie sera difficile. La suite nous étant comptée tout d'abord sous la forme d'un flash-back avant de revenir au présent direct.

Jodorowski a pondu là un scénario bien sec et tendu, et si on avait déjà apprécié les précédents épisodes de ce qu'il est convenu d'appeler dores et déjà le nouveau classique du western en bande dessinée, (western "adulte" et gore s'il en est*), il s'est particulièrement fait plaisir avec cette nouvelle aventure, qui a changé d'éditeur au passage. Boucq nous ravit quant à lui avec son dessin semi réaliste, qui rappelera les grandes heures d'autres récits comme "Bouche du diable" par exemple.
Un prochain tome nous invite à lire la suite. Le rendez-vous est bien sûr pris avec grand plaisir !

(*) ...La scène où Bouncer se sert d'une main décharnée de cadavre pour éborgner son adversaire restera dans les annales du gore...

samedi 24 novembre 2012

Joe l'aventure intérieure

Joe l'aventure intérieure
Grant Morrison/Sean Murphy
Urban comics
Octobre 2012

Comics particulier ce que Joe the barbarian, (titre original), fleurtant vers la SF tendance enfantine, mais avec un côté hallucinatoire (féérique ?) quelque peu adulte et dramatique.
Le mag Comicbox, dans son n°79  décrit rapidement  le terreau des influences de cette histoire (Little nemo, Mice templar, Tellos...), mettant en scène un garçon diabétique, qui vit isolé auprès de ses pairs collégiens, et qui se réfugie dans un monde imaginaire :
Les soldats de la chambre où il se réfugie, dans les combles de sa maison, prennent vie, tout comme Jack, son rat domestique.
Tous ces personnages deviennent les soldats d'un film d'heroic fantasy dans lequel Joe va apprendre à combattre, à se révéler.. mais sans super héroisme.
C'est justement ce qui différencie Joe d'autres comics du genre.

J'aurais rajouté "Bucky" aux influences déjà citées, et aurais aussi tendance pour ma part à le rapprocher de l'univers de The Books of magic de Neil Gaiman, sans doute pas cité par Comic box, car...(toujours) pas traduit en français. (...)

Il n'en reste pas moins, que malgré un sentiment de trop plein (de personnages entre autres, et sur un nombre de pages (trop ?) élevées), Joe l'aventure intérieure offre dans l'ensemble un bon moment de divertissement coloré, sans facilités.

Et c'est déjà pas mal.

Lire les notes et des bonus graphiques de Sean Murphy sur le site Urbancomics.

vendredi 2 novembre 2012

Héraklès : épreuve réussie !


Héraklès,
tome 1
Edouard Cour
AKiléos, Juin 2012

Régulièrement, la bande dessinée suit des effets de mode et on retrouve en rayons des dizaines de titres surfant sur les mêmes thématiques. Celle-ci a été ainsi il y a quelques années aux Cow boys, aux Vampires, puis subrepticement, un ou deux titres ont abordé l'antiquité et le péplum. L'Age de bronze (Akileos, 2004- en cours...), et Gilgamesh (Dargaud 2004) étant deux exemples de ce que le média a pu produire de plus sympathique en la matière, même si on n'oubliera ni les séries classiques, (Alix, Murena, Vae victis, Thiresias...) ni des choses davantage placées sous le sceau de l'humour (Socrate le demi-chien,..)
Plus récemment, les récits mélant fantasy et antiquité ont débarqué et les titres sont nombreux. Zoo mag s'en est d'ailleurs fait l'écho dans un de ses derniers numéros (#42, Septembre 2012)

Heraklès en ce qui le concerne est plutôt à ranger dans la catégorie des adaptations bien senties d'oeuvres classiques : l'histoire d'Alcide d'Argolide, fils de Zeux et D'Akmène, donc demi-dieu, qui devra réussir 12 épreuves afin de prouver sa valeur et résider auprès des dieux sous le nom d'Heraklès ("la goire d'héra"). C'est une histoire connue, entre autre via le cinéma grâce aux adaptations peplum sous le titre "les douze travaux d'Hercule", d'après le nom romain du personnage.

Image tirée du blog de l'auteur ©Edouard Cour
On pourra rapprocher cet album, tant au niveau du dessin que de sa faculté à amener du neuf avec du vieux, du "Gilgamesh" précédemment cité de Duchazeau : même finesse artistique, même savant dosage entre séreux documenté, respect des allégories et humour bon enfant.
Ce tome 1 retraçant les huit premières épreuves du demi dieu possède donc toutes les qualités du bel ouvrage : 154 pages aux couleurs étranges, tantôt tièdes ou apaisantes : vert pâle, jaune, orange, ...blanc !), recouvrant un dessin au trait charbonneux agréable,  non encré. Une mise en page réussie, au rythme soutenu, sans fausses notes. Le tout sur un papier fortement gramé, et dans un format roman graphique.
Telle est la teneur de cet Héraklès d'Edouar Cour, jeune designer graphiste de talent qui signe là son premier album BD. 

On attend la suite, pour la savourer et la ranger en bonne place auprès d'oeuvres du même tonneau*

(* Et pourquoi pas, malgré un registre plus fouillé, auprès du superbe "Grangousiers", de Gabriel Delmas, lui aussi graphiste.)


mardi 30 octobre 2012

La Grande odalisque : il n'y a rien en trop !

La Grande odalisque
Vivès, Ruppert et Mulot
Dupuis
2012

Bastien Vivès est un fou, ou un demi dieu.. ou les deux à la fois !
Un fou génial, qui s'est associé à deux autres : Ruppert et Mulot, pour développer une histoire incroyable et au charme fou.

...Bastien vivès a débuté en 2007 chez Casterman et son label "indépendant" KSTR, mais c'est concrètement en 2008 qu'il defraie la chronique avec un récit tout à fait original se déroulant dans une  piscine : "le goût du chlore". Puis c'est Polina, qui en 2011 le replace sous les feux des projecteurs. Mais Bastien Vivès veut casser plus avant les codes, un peu comme un Blutch auquel on pourrait comparer ses chemins buissoniers malgré leurs styles graphiques bien différents. Très productif et se laissant aller à des envies plus personnelles, il présente en 2011 "Les melons de la colère", un récit fantasmagorique à l'érotisme presque gênant.
Les codes de la bande dessinée sont bousculés, au moins dans le scénario, et Vivès nous faire revivre quelques grandes heures du média des années 70, celles d'auteurs remarquables comme ; Crepax, Pichard, Guy Palleart ou Forest.

De leur côté, Florent Ruppert et Jérôme Mulot, venus du milieu alternatif des fanzines, ont développé un univers complétement déjanté, décalé, fait d'enchevêtrement de phylactères verticaux, de petits traits et personnages, impliqués (imbriqués) dans des scénarios tout aussi ahurissant, en mélangeant l'art du troisième degré et un humour non sensique, plus british que français.
La rencontre des deux abouti aujourd'hui à cette Grande odalisque, où l'on se dit que Vivès a du se demander pourquoi des films comme Mission impossible ou James bond grand cru ne seraient pas transposables sur papier, les scènes d'action ne devant rien aux plus grand récits américains du genre. Mais l'érotisme est encore là, bien là, et bien moderne.
Image tirée du site de Ruppert et Mulot

Résultat :  l'histoire des ces trois jeunes femmes très mignonnes, plus ou moins lesbiennes, qui se sont spécialisées dans le haut vol (dans le sens propre comme figuré) dépasse toutes les espérances.
N'est-ce pas Pravda la surviveuse sur sa moto, qui dévale les escaliers du Louvre et se propulse au dessus de sa pyramide ? ; n'est-ce pas Barbarella, qui vole sur son deltaplane ?... les "Drôles de dames" qui descendent à elles toutes seules un cartel de drogue mexicain ?; ou bien la bande japonaise de Cat's eyes qui s'introduit dans les plus grands palais pour voler des toiles de maîtres ?

Les années 70 et 80 sont donc très présentes dans cet album, malgrès sa modernité toute française, présenté dans l'écrin grand format de la collection Aire libre.
Album nerveux étonnant, qui, non content de dérouler un récit au suspens bien tendu, nous donne du plaisir du début jusqu'à la toute fin, avec son lot de drame en bonus.

Bravissimo !

A voir: le site de Ruppert et Mulot
Le blog de Bastien Vivès

mercredi 17 octobre 2012

Batman au balcon, DC sur des charbons ardents.

Batman sombre reflet tome 1
Scott Snyder/Jock, Francesco Francavilla
Urban comics
Février 2012

Bruce Wayne, Batman "historique" n'est plus, c'est Dick Grayson qui le remplace, assisté de Tim Drake, alias Red Robin. Tout cela est très bien expliqué dans l'introduction de ce nouvel épisode de la sage Batman, qui suit la chronologie des évènements de l'univers Dc, et en l'occurrence le chapitre "Final crisis". (voir ce titre, et la ligne de temps sur le site Urban).

Dans "sombre reflet", titre indépendant des autres sorties de ces derniers mois, dont : "Batman Knightfall", et "la revanche de Bane", qui ont inspiré le dernier film cinéma (pour ceux qui ne suivent Batman que sur grand écran), Batman retrouve l'inspecteur Gordon, et doit mener à bien une enquête basée sur le vol et la mise aux enchères de pièces à conviction dangereuses liées à des affaires criminelles particulièrement dures. Parmi celles-ci, un composant chimique qui fait muter les personnes l'absorbant en créatures animales féroces...Le "Priseur" homme inconnu de Batman semble être un maillon de cette secte.
L'inspecteur Gordon, aidé de sa fille Barbara (Oracle), est quant à lui confronté à son passé, du fait du retour de son fils James, déclaré psychopathe, et accusé entre autre du crime d'une amie alors qu'il était enfant.
Toutes ses affaires pourraient être liées...

Scott Snyder, (American vampire) a fait ses preuves de scénariste, et il ne fait aucun doute qu'il sait raconter des histoires.
Jock dans le premier chapitre de ce tome 1 sert un dessin oscillant en style entre un Bill Sienckiewicz et un Jae Lee, (donc superbe), quant à Francavilla, dans un registre beaucoup plus rétro, il rappellera aux connaisseurs le trait 50's d'Alex Toth.
Que du bonheur donc.

...Urban a su trouver sa place suite à la perte de la licence DC chez Panini, et continue à publier l'éditeur historique dans des comics de qualité, et à flux constant. Personne ne s'en plaindra, surtout vu le rapport qualité prix des ouvrages.  Ceci dit, on lui reprochera, pour cette fois seulement (?) de nous décevoir sur l'intérieur du bouquin avec une police de caractère de taille 8 dans les dialogues off, qui est pratiquement illisible. Comment une si belle édition cartonnée a pu intégrer une si bête erreur de mise en page ?
Espérons que les prochains tirages pourront la corriger, sinon il faudra réserver ces lectures aux porteurs de lunettes grossissantes.

Voir le catalogue Batman d'Urban comics

mardi 16 octobre 2012

Doggy bags : Run fiction !

Doggy bags
volume 2
Run, Ozanam, Kieran, Guillaume Singelin, Mathieu Bablet
Ankama, label 6 I 9 (Avril 2012)

Run, auteur, graphiste, scénariste passionné de cultures latino, pulp, series B, et responsable dés 2003 du best seller Mutafukaz, a lancé en 2008 le label 6I9 chez Ankama.
C'est là qu'il a créé Doggy baggs, un concept de petits comics souples dos carré compilant à chaque fois trois histoires originales, d'auteurs français, dans un style BD de gare US, donc très pulp.
Le truc en plus, c'est une maquette super soignée, de la couleur, du bon papier, des couvertures qui explosent au visage et des récits sans concession, tirés plus ou moins de faits réels, dont on nous propose quelques détails résumés en exergue.

Déjà deux tomes, et une furieuse envie d'en lire davantage, parce que Run a su écrire de très bonnes histoires, pleines d'humour sarcastique, et trouver d'excellentes équipes de dessinateurs.
Du pulp de ce niveau, et français, on en redemande !
A réserver aux publics adultes par contre, parce que le ton libre inclus sexe, violence, sang et immoralité.

Tout est bon chez 6I9 ? (6 vs 9 : l'homme contre le diable ?)

> Disponible chez Nebular store, en tous les cas !

A voir : la page du label Ankama 619 

La chronique vidéo de Momaille (Comicsplace)

Le teaser du tome 2 sur youtube

L'interview de Run sur Actua BD


jeudi 27 septembre 2012

Hostile holster : un état d'esprit !?

Hostile holster est une collection assez récente (lancée en Mars 2010) de l'éditeur Ankama, qui surprend par sa qualité.

Elle propose un moyen format (comics), cartonné, avec une maquette de grande qualité graphique* et des trames basés sur des thrillers, souvent assez personnels et empreints de violence. Mais le ton de l'humour (bien noir) n'est souvent pas loin.

Les 7 premiers titres parus, d'assez bonne facture, proposent : "We are the night", "Blue estate", un comics thriller façon pulp, prévu en 4 volumes,  "Gyakushu", un manga fusion noir et banc pour jeune publics, "Mafia tabloïds", "Ghost",  Le tueur de la green river" et "Silences".
"Candy mountains" étant un des derniers en date, avec  "Pizza roadtrip".

http://www.ankama-editions.com/fr/catalog/label/51-hostile-holster.html
Illustration intérieur (comic sleeve)
du tome 3

(*) Blue estate est à cet égard un must avec ses superbes illustrations pleine pages vintage.

Petite chronique rapide de deux titres choisis subjectivement :

Blue estate, (3 tomes parus, sur 4)
Viktor Kalvachev

Ce pulp annoncé comme tel, à grand renfort de fausses couvertures flash aux vamp ultra sexy  dans ses pages de garde, tient son pari en affirmant être
 " A state of mind" (un état d'esprit).
Il donne un peu le ton, à l'instar de "We are the night", de l'univers cinématographique de la collection et de ses références thriller, pulp. On est à Hollywood, mullholand boulevard, et l'ambiance est purement tarentinesque: stars déchues de cinéma, mafia italienne et russe, privé toc, inspecteur choc, sexe, drogue.
Les tronches sont aussi belles que les petites pépés, dessinés tous les deux par un artiste bulgare travaillant pour Dc comics/vertigo et apparu apparemment au milieu des années 2000 sur des couvertures de la revue Metal hurlant  US et à l'occasion de son comic Pherone (cf Comcvine). Son trait est incisif et tortueux, mais lorsqu'il illustre les ouvertures, c'est un régal. I est aussi responsabe de tout l'aspect graphique du comic.  Les couleurs sont bien foutues, et l'intrigue bien tordue. Bref, que du bonheur.
Vivement le quatrième et dernier tome.

> Voir le site consacré à la série US : http://www.blueestatecomic.com/main.html

Candy mountains
Nikko / Benoit Bernard

Dans ce thriller angoissant se déroulant dans un hôpital, ce nouveau duo de jeunes auteurs nous entraine dans l'ambiance des films d'horreur modernes concentrationnaires.  On pensera un peu à the Kingdom, mais aussi à Sucker punch et son asile psychotique, et plus récemment the Secret.

Le thème du coma et son univers parallèle ont pu déja être abordés dans différents médias, mais la trame reste ici cependant originale, avec un découpage et des dialogues efficaces. Le suspens est ténu, et la
fin de ce premier tome met l'eau à la bouche.
Le dessin de style fusion (mix manga comics) aux couleurs sombres passe plutôt bien, faisant de ce Candy mountains une belle surprise.

...Après Delcourt comics, et Emmanuel proust, il va être difficile de faire sans Hostile holster.

lundi 24 septembre 2012

Alix senator, était-ce bien utile ?

Alix senator
Les aigles de sang
Mangin/Demarez
Casterman
2012


Valérie Mangin avait annoncé très tôt ce projet de reprendre le héros de péplum classique Alix, de Jaques Martin, en le vieillissant, et le petit monde de la BD s'est quelque peu divisé en deux parties depuis : ceux qui attendaient de pied ferme la sortie pour crier éventuellement trahison, et ceux qui se réjouissaient d'avance.
Ce premier tome (sur deux) étant paru, que peut on en dire ?

Le dessin de Thierry Demarez (qui a précédemment travaillé avec Valérie sur la série "Le dernier Troyen", récit rétro futuriste d'un intérêt certain) est plutôt agréable, dans un style réaliste un peu feutré; mais on rejoindra l'avis de critiques qui le trouvent un peu trop ressemblant à celui de Delaby (série Murena).
Quant au scénario, si celui-ci est plutôt bien ficelé, on reste cependant en plein coeur de la politique de l'époque, (an 12 avant JC), à Rome, et si un léger aspect fantastique (via les aigles dressés) permet de ne pas trop s'ennuyer, l'effet documentaire enlève cependant un peu de la magie que l'on pouvait attendre d'un parallèle à la série éponyme bien connue.

De plus, le péplum a connu un développement important depuis quelques années en bande dessinée (cf article du Zoo mag n° 42) et on a un peu le sentiment que cet Alix senator, malgré l'idée originale de départ, arrive un peu (top) tard.

Le tome deux prévu permettra sans doute d'envisager d'élargir cet univers "décalé", mais l'intrigue étant déjà bien (dé)nouée dans ce premier tome, on se demande ce qui pourrait bien nous être proposé de plus intéressant dans le prochain.
A suivre !....



dimanche 23 septembre 2012

Page noire, pour un souvenir brûlant

Page noire 
Giroud/lapière/Raph Meyer

Futuropolis 2010

Pas une nouveauté, mais un album à ne pas manquer !

...On apprécie quasiment à chaque fois les albums de chez Futuropolis. A croire que la grande maison d'édition n'a pas connu de soubresauts : Grand format, beau cartonnage, dos souvent rond.. la présentation est à la hauteur des contenus.

Page noire est un thriller, et un bon, qui sent la série TV, mais dans le bon sens du terme. Kenny, jeune journaliste souhaite réaliser l'interview d'un auteur très secret et discret. Grâce à sa persévérance, et sa curiosité, elle arrive à repérer l'homme (Carson Mc Neal, son pseudonyme), et à l'aborder. En parallèle des flashback nous donnent à voir l'enfance de deux êtres : un jeune russe en pleine guerre afghane, et une enfant arabe (Maria/ Afia Maadour). Les destins de ces trois vont se croiser, de manière dramatique.

Giroud et Lapière déroulent avec brio un très beau récit admirablement agencé, au suspens bien ténu. Les passages du présent sont colorés en bleu, tandis que les flashback le sont en rouge. Une manière originale et poétique de bien se repérer dans la trame.
> Une belle réussite, menée sur 100 pages, qui rappellera d'une certaine manière sur sa thématique le très bon film de Nicole Garcia : "Un balcon sur la mer" (2010), dont il est d'ailleurs contemporain.

samedi 22 septembre 2012

lundi 17 septembre 2012

Green lantern, Panini, et Urban comics

...Dernière chronique en date : Avril 2012, ...il était temps de reprendre les activités !

Urban comics est un nouvel éditeur spécialisé en comics (filiale de Dargaud), qui a débuté cette année 2012. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que sa ligné éditoriale est fracassante.
Je vous laisse vous reporter à son site officiel et son catalogue pour en juger par vous même.

Revue Panini 2006
 Aujourd'hui, petite séance de rattrapage pour la série Green lantern :

 Le film Green lantern, sortit en 2011 n'a pas eu les critiques qu'il méritait, et bien que cela ait affecté ses entrés en France, il n'en reste pas moins un film tout à fait agréable et bien réalisé que l'on prendra beaucoup de plaisir à regarder en DVD.
Son autre intérêt a été d'avoir relancé la carrière du héros vert dans nos librairies et kiosques. Et si Panini comics a porté la flamme durant une longue période, c'est aujourd'hui l'excellent Urban comics qui prend le relais avec ses beaux albums cartonnés. Dessins ET scénarios de qualité !

Petit récapitulatif chronologique et par éditeurs de ce que l'on peut lire en français aujourd'hui. Nb : Les albums Panini non épuisés, et ceux d'Urban comics  sont disponibles à la librairie :

 
Arédit de 1972 à 1981 (35 numéros) : Green Lantern (Pop magazine / Flash) (Revues épuisées, bien sûr)

Revue Panini 2007
Panini, dés Déc 2005 : Green lantern Rebirth dans la revue DC universe : (5 n° "Rebirth" de Geoff Johns, 16 n° de  Geoff Johns "Airborn"..., jusqu'à "Star Saphire", puis la série "Sinestro corps" plus "Blackest night", le tout sur 66 n° jusqu'en Nov 2011)

Weeta 07/2007 : Green Lantern vs. Aliens

Panini albums :  
- Green Lantern (Le Porte flamme) Big books (06/2008) 
Kyle Rayner (Ion) a hérité des pouvoirs de son ex petite amie Jade, à la sortie de la série "Infinite crisis". (Prépublié dans la revue Dc renaissance #21, 2006); revue qui paraîtra jusqu'en Novembre 2011 (66 numéros) (voir l'article du site Comics sanctuary)


- Green Lantern (DC Deluxe Panini) (Renaissance/rebirth) 07/201 (L'album du relaunch de la série, avec l'épisode Paralax !)  

voir : http://www.comicsblog.fr/9241-Green_Lantern_Renaissance_la_review


 - Green Lantern Corps  (Blackest night) Panini, 07/2011(Voir la chronique sur ce blog)

- Green Lantern (Best Comics, Panini) (Origine secrète 08/2011) 
- Green lantern (DC Heroes, Panini) (Sans pêchés) 08/2011  (Avec Green arrow, et Doc Phantom)
Sans pêchés (2011)

Sinestro (Juin 2012)
Urban comics (2012)
Albums : 
- Geoff Johns présente Green Lantern – Sans peur tome 1 (23 Mars 2012) 
- Geoff Johns présente Green Lantern Tome 2 
- Green Lantern: Tome 1 – Sinestro (Juin 2012) 

Presse : De Mars 2012 à Sept 2012, et à suivre jusqu'en déc 2012 (#8) :
- Green Lantern Showcase #1 : (la guerre des Green lantern)
- Green Lantern Showcase #2 
- Green Lantern HS #1 (transition) 
-  Green Lantern Saga #1 (le retour de Hal jordan, après avoir été banni) 
- Green Lantern Saga #2 
- Green Lantern Saga #3 
- Green Lantern Saga #4 
- Green Lantern Saga #5

lundi 2 juillet 2012

Pourquoi j'ai voulu détruire ce monde

Pourquoi j'ai voulu détruire ce monde
Bicargo

Ankama
Avril 2012

Dans un futur relativement proche : Sur le tore, station orbitale située au delà de Pluton, et dans laquelle habite Deirdre, jeune femme blonde, c'est un grand jour. En effet, on apprend par les techniciens travaillant sur SISP21, planète rapprochée, que la terraformation est engagée.
Entretenant une correspondance  courriel avec un terrien depuis quelques années : Karl , Deidre profite de ce jour et grâce à ses économies, pour entreprendre le voyage vers la Terre qu'elle n'a jamais connue.
Son voyage lui réservera bien des surprises, même si au final, l'amour sera roi.


Bicargo n'a pas une expérience énorme dans l'univers sans pitié du monde des albums BD, et ce premier cartonné va sans doute le révéler.
Ce roman graphique de science-fiction de 105 pages rassemble en effet toutes les qualités d'une réussite. On a même l'impression d'une oeuvre étrangère tant le ton est si peu courant dans la production française actuelle.
On serait d'ailleurs tenté dans cet esprit de rapprocher cette œuvre de l'étonnant Le dernier cosmonaute d'Aurélien Maury (Tanibis 2010).

Mais là ou Maury avait conté une histoire plutôt intimiste, mettant en scène deux personnages principaux et leur relation amoureuse, le tout dans une sorte de huis-clos se servant du rêve comme un prétexte à la science-fiction, ici Bicargo nous entraîne vraiment dans l'espace.
Et même si les pérégrinations de son héroine Deirdre auraient pu se passer tout à fait ailleurs et aujourd'hui, la maîtrise du sujet et la passion apparente pour l'espace (et ses stations orbitales) rajoutent peinement à l'intérêt de cette étude de moeurs du genre humain.
Les questions soulevées étant d'une tonalité sociale forte :
Qui est étranger parmi nous ? qu'est-ce qu'être terrien (humain ?),  l'hospitalité est-elle un vain mot ?, la distance nous sépare t'elle vraiment, ou le coeur et les sentiments suffisent-ils à faire que l'on est lié ?...

Les personnages et les idées originales du scénario charment par leur humilité et leur simplicité de ton. L'humour beaucoup présent (cf le titre) équilibre le sujet plutôt dramatique, et on se prend à penser aux humains de Farenheit 451, version Truffaut. (...)

Les dessins rétro futuristes (entièrement conçus sur ordinateur) de l'auteur et les fausses couvertures parsemant l'album n'empêchent pas un découpage réussi, et parfont ce roman, qui je le crois, ferait un excellent film (indépendant) au cinéma.

Bravo.

vendredi 15 juin 2012

La Segmentation de Malka

Segments T1 Lexipolis
Richard Malka/Juan Gimenez
Glénat
Nov 2011

L'idée principale consiste en une union galactique des fonctions segmentées, (UGFS), ensemble de planètes censées regrouper en leur sein les humains partageant les mêmes fonctions et mêmes abilités. Un ordre tyrannique en réalité, le "segmentisme", dirigé par les 7 Guides, "immortels"  qui demandent à repérer dés l'âge de sept ans les enfants lors d'un pseudo test afin de les affecter dans telle ou telle "prison" : Stakan, (secteur du travail), Muse (créativité), Psyche (spiritualité), Lexipolis (Justice), Neo-sparte (guerre), Voluptide (jouissance, jeux), et Mercante (commerce).

Perci Lars et Beatrix Lhuvine, deux jeunes adultes, pour des raisons différentes, se retrouvent en rebellion contre ce système, et rejoignent les sans couleur, groupe de résistants.


Un nouvel album de science fiction avec Juan Gimenez au dessin, cela est plutôt synonyme de qualité, au moins graphique.
On peut cependant être un peu  lassé par la profusion de titres réalisés avec Jodorowski  (cycle des Métas barons) et s'attendre à ce que cet album reproduise l'univers particulier déjà vu.
Mais si la science-fiction dessinée par Gimenez est la plupart du temps au service de scénarios de space opéras souvent guerriers, cette nouvelle série aborde des idées plutôt intéressantes, et présente des personnages charismatiques, le tout nous enmènant à la fin de ce premier tome de manière ennivrante.

Il faut dire que Richard Malka, avocat de profession quadragénaire, a su faire se rencontrer dans cet album sa connaissance du droit (et sa passion des lois) et l'expérience graphique et de science-fiction de Gimenez. Ajoutant à cela quelques scènes prenantes (comme la descente dans l'atmosphère des deux héros, vétus seulement de leur combinaison), la création au final donne une recette gagnante, toute en subtilité.
Une série de bonne augure pour la BD.

lundi 4 juin 2012

Pas de fumée noire.. sans Aliens !

Aliens
2 Paradis express

Liam Sharp, Ron Marz, Jay Stephens
Sharp, Wrightson, Risso
Soleil US comics
Avril 2012

Ce tome fait suite en terme de collection au Aliens plus qu'humains paru en 2010.
Il s'insère comme tome à part entière d'histoires longues ou courtes concernant le Xénomorphe seul, alors que d'autres tomes proposent des cross-over (Batman, Predator..etc.)
Dans ce volume, trois histoires différentes : la plus longue (42 p) par Liam Sharp, et deux moyens-courts récits de 12 et 22 pages chacun.

Paradis express
(Fast track to heaven) date de 2011 et nous emmène  sur un vaisseau stationné au dessus d'Europe, satellite de Jupiter.
Celui-ci est relié à la planète par un ascenseur géant, qui descend jusqu'aux tréfonds des océans du satellite.
Entre les deux, une forme de vie a été repérée et plus aucun contact n'est établi avec les explorateurs.  Une équipe doit donc descendre afin de s'assurer du bon fonctionnement des équipements...
Le dessin de Liam Sharp est moderne et plutôt intéressant, avec un aspect très numérique.

Incubation est dessiné par Berni Wrightson et scénarisé par Ron Marz, mais date de 1995,. Le style est donc un peu plus daté.  C'est un récit court abordé avec une voix off dont on ignore d'abord le personnage sujet.
AVPWikia.com nous apprend que ces 12 pages publiées en leur temps sur deux numéros de Dark horse presents (101 et 102)", peuvent être considérées comme un préquel du Batman/Aliens part 1 dessinée par le même auteur où l'action se déroule effectivement dans une jungle terrienne. On considérera donc ce petit bonus comme un addentum à la saga Aliens, et à la bibliographie française de Wrightson.

Spectre (Wraith) date de 1998 et met en scène une bande de jeunes migrants sur l'agro colonie Tigru Mires.
On retiendra de ce récit l'ambiance feu de camp et le dessin d 'Eduardo Risso, tout comme le final qui nous dévoile le vaisseau des "Ingénieurs" vu dans Alien le film (1979) et Prrometheus. Une sorte de raccord géographique et temporel donc à la saga, qui annonce le comic "Apocalypse".
++Nb : Ce récit est une réédition puisque le label français Wetta worldwide l'avait déjà proposé compilé au titre "Stalker" en 2005.
Cf : Wetta, le site.

Au final, un cartonné sympathique, mais pas des plus indispensables dans la longue lignée des Aliens de la saga.

jeudi 31 mai 2012

Locke & key : un comic réussi bientôt à la TV ?

Locke & Key t1 (sur 3)
Benvenue à Lovecraft

Joe Hill/ gabriel Rodriguez
IDW/ Milady
Sept 2011 (réed)

Le label Milady continue à nous surprendre de belle manière avec ce titre mélant épouvante et féérie, paru en 2010 dans un premier tirage.

Joe Hill est un romancier qui a reçu un Eisner Award en 2011 pour ce titre. Quant à Rodriguez, c'est un dessinateur Chilien bien ancré dans le genre (Histoires de Clive Barker, Romero..)

Le couple Locke vit plutôt paisiblement à Mendocino valley, avec Bode le benjamin (10 ans environ) , Tyler (grand ado costaud) et Kynsey, leur soeur, adolescente aussi. Leur père est proviseur au Lycée du coin, et il a le malheur de posséder quelque chose, qu'un jeune dont il s'occupe, pas très heureux et plutôt dérangé veut fortement.
Armé et accompagné d'un copain tout aussi taré que lui, ils vient un jour perpétrer un massacre à la maison, tuant le père, tandis que le reste de la famille arrive à s'échapper.
Sam Lesser, le tueur, est arrêté et enfermé, tandis que la famille déménage loin d'ici dans une maison secondaire isolée,  à Lovecraft, petite bourgade paumée du Massachussets, pour oublier.
Mais  cette bâtisse assez ancienne possède d'étranges propriétés, comme une porte qui donne sur l'au delà.. et un puit muré à l'extérieur qui détient détranges secrets... Et c'est justement ceux-là que Sam cherchait à percer...

Si l'on pense un peu à Courtney Crumrin quand on lit avidement cette première partie, c'est sans doute pour l'aspect gothique de la maison, et cette ambiance de lycée et d'enfance, avec ses nombreux flashbacks.
Mais l'autre référence qui vient à l'esprit est la série The lost room (2006), où déjà, une clef permettait de passer d'un univers à l'autre via un porte.

En tous les cas, le dessin agréable et moderne de Rodriguez rend fluide le récit bien écrit de Joe Hill, et nous tient en haleine jusqu'au bout des 168 pages de ce premier tome. (galerie d'illustrations) comprise)
Une agréable surprise.

Nb : Les deux autres tomes ont parus depuis. Voir le site Milady
A voir : le trailer de l'adaptation film, toujours en cours...(sur les Mystérieux étonnants)

lundi 30 avril 2012

La "N" des pierres d'Ackerman



"N" Marc Guggenheim, Alex Maleev
d'après Stephen king

112 pages
Glénat comics, Avril 2012

Glénat se met au comics et s'est tant mieux, avec un titre de haute qualité, même si Stephen King est déjà adapté en grand format sur "La tour sombre" chez le concurrent Panini (label Fusion Marvel).

En 1912, le patriarche de la famille Ackerman pète les plombs et décime sa famille avant d'exploser sa ferme, dont ne reste que 8 piliers en pierre.

Aujourd'hui, un psychiatre, John Bonsaing, analyse "N", photographe amateur qui a découvert par hasard dans le champs ces étranges pierres levées. Celui-ci explique qu'il existe une sorte de malédiction à cet endroit, et que parfois, sept pierres seulement apparaissent, selon les saisons.. D'étranges et hideux visages incrustés dans la pierre l'ont aussi attiré vers le centre, dont s'échappe une étrange atmosphère...

Après son suicide, le médecin cherche à savoir...
Mais la folie de son client n'est-elle pas .. contagieuse !?...
La seule scène sanglante du récit, au tout début.
Après, il n'est question que de .. psychologie.
Adapter Stephen King, c'est du gâteau, généralement, et ce titre ne déroge pas à la règle avec un scénario de Guggenheim au cordeau et un dessin semi réaliste de Maleev qu'on avait déjà pu apprécier sur la série Daredevil chez Panini.

Le suspens est au top, l'ambiance bien glauque.
Un très bon et beau livre .. à offrir aux amateurs.

Voir le label Glénat comics sur leur site (L'image ci-dessus en est d'ailleurs tirée) :
http://www.glenatbd.com/bd/collections/comics.htm

dimanche 22 avril 2012

Time bomb 2 : "cachez ce nazi que je ne saurais voir..."



 Time bomb 2
Jimmy Palmioti, Justin Gray
Paul Gulacy
Atlantic BD
Mars 2012

La voilà, la suite de ce comics bien foutu dont on avait bien aimé le premier tome.
L'équipe de super soldats renvoyés en 1944 à Berlin pour stopper les expériences démentes de nazis sur le projet de missile omega atterri d'abord dans un camp d'exermination.
Ils y mettent bon ordre avant de s'infiltrer dans un berlin divisé en deux : les zones détruites et la ville sous terraine au coeur du processus destructeur.
Là, nos héros vont devoir vendre chèrement leur peau pour mener à bien leur mission, au rhytme de quelques rebondissements plus ou moins bienvenus (pour eux)...

Réussite au final de l'équipe de Jerry Palmiotti, même si l'aspect anti-mazi/pro américain n'échappe pas aux poncifs déjà vus dans le film de même type : Unglorious bastards de Tarantino, auquel on ne peut manquer de faire référence à l'aune de certains dialogues voire même de la confrontation avec Hitler lui-même.

Malgré ce petit point noir (!..), "Time bomb" va jusqu'au bout de sa logique et de son idée de départ, plutôt bonne, avec une excellente réalisation, réservant au passage quelques surprises.

Un comics nerveux, tendu, dont la dose de (rétro) science-fiction "seconde guerre mondiale" fait la différence.

L'armure du Jakolass, une aventure de Valérian par Larcenet


L'amure du jakollass
Manu Larcenet

Dargaud, Octobre 2011

Etonnant.
Amateur ou pas de Valérian et laureline, les deux héros créés par Mézières et Christin en 1969, ou amateur de Larcenet, il fait bon se délecter d'un tel hommage à l'une de meilleurs séries de Science-fiction française des années 70.
Si Larcenet, plutôt connu pour son style humour et second degré a gardé cette option pour son adaptation, c'est heureux, car il a cependant pondu un scénario de grande qualité  pour rendre l'histoire de cette armure de Jakollas passionnante et crédible.

René, pochtron de banlieue parisienne rêve de grands espaces galactiques, et tombe nez à nez un soir de sortie de bistrot avec les personnages de l'épisode "Métro Chatelet direction Cassiopée" de la série originale : Mr Albert, et les Shingouz.

Il semblerait que René soit en fait Valérian, mais dans un autre corps, envoyé là sur Terre par un procédé de télé internement  mis en place par Jesperiank le Jakolass, le représentant indestructible d'une race sanguinaire.
Il faut se rendre sur la planète prison Walawalla où est interné ce meurtrier afin d'y trouver la solution d'inverser le processus...

...Original, bien sûr, et rempli de superbes idées dont l'une constitue le rebondissement magnifique du cœur du récit, le tout réalisé avec un dessin à la hauteur de ces ambitions. (Et quelle belle couverture !)

On retrouve aussi bien évidemment Laureline, qui désespèrera néanmoins de son vrai Valérian.

Bravo larcenet !

lundi 26 mars 2012

Nu Men : l'avenir n'est pas rose...!?

Nu men, T1 Guerre urbaine
Fabrice Neaud
Quadrants/Soleil
Janvier 2012

Première inclusion de Fabrice Neaud dans la science-fiction, après ses nombreux volumes autobiographiques chez Ego comme X, "NU men" apparaît comme un (autre) projet ambitieux.

L'auteur nous entraine dans le futur proche (milieu du 21eme siècle) afin de dénoncer la société déshumanisée, hyper consommatrice et sécurisée dans laquelle nous vivons déjà un peu.
Ceci par le truchement d'un scénario catastrophe mettant en œuvre des forces militaires au service d'une méga nation (L'Europe")* et de sociétés sans scrupules jouant avec la vie des hommes pour tester une haute technologie de transportation. (Principe de la faille temporelle).

Csymanov, sergent costaud mais au grand cœur, (et moins bête que les autres ) se trouve en plein milieu d'une intervention au moment où un étrange phénomène destructeur intervient. Il sauve une gamine et se retrouve poursuivi par Mstislav Poposcu, autre militaire mercenaire, à la solde de la société à l'origine de ces évènements.

...Ce premier tome, réussi aussi bien dans son scénario ténu, ménageant le suspens, ses ambiances réussies (on pense à Akira pour le côté apocalyptique), et la touche très personnelle de l'auteur (La salle de sport, '"Lucy Prime, votre transpeutu préférée"...), promet une saga de grande qualité, qui dans l'immédiat donne la même sensation que l'on avait pu éprouver à la lecture des premiers "Universal war one" de Denis Bajram ! 
Fabrice Neaud a réussi avec brio son passage à la SF, tout en gardant son univers personnel. Bravo.

Nb : 47 pages, et des présentations sur les pages de garde, façon journal live ajoutent un côté "reportage" réaliste à l'ouvrage.
(Dont 2 pages en fin de volume écrites par "Lucy Prime,  la journaliste drag queen passant les news dans l'album.)

(*) Petit clin d'œil ironique aux Etats unis, qui ici, ont été anéantis.

Lire l'interview de l'auteur sur l'immanquable.


jeudi 8 mars 2012

Le Soldat inconnu vivant

Le soldat inconnu vivant
Jean Yves Le Naour/ mauro Lirussi
 Roymodus
Février 2012

Etrange petit bouquin que ce livre à la couverture souple et noire, ne laissant apparaître qu'un corps gris démembré flottant dans les airs.
...Editeur inconnu au bataillon, et pourtant.. on tient là un roman graphique de haute qualité que je conseille ici vivement.

Cette adaptation et celle du livre éponyme de Jean Yves Le Naour, jeune (42 ans) auteur spécialisé de la première guerre mondiale :
Le Soldat inconnu vivant, 1918-1942, paru chez Hachette Littérature, coll. « La vie quotidienne », le 15 octobre 2002.
Il traite de  l'affaire Anthelme Mangin, un soldat revenu amnésique du front en Févier 1918 à Lyon.

Ex libris
Mauro Lirusi est dessinateur argentin qui vit aujourd'hui en Australie. Son style de lavis à l'encre de chine convient parfaiement à la mise en image de ce récit véridique d'une histoire absolument incroyable, qui éclaire de manière précise l'origine du (vrai) soldat inconnu, à savoir celui dont on a jamais réussi à prouver l'identité.

Opérant comme une sorte de polar, ou plutôt d'enquête socio-médicale, dans un contexte d'entre deux guerres, le soldat inconnu vivant est un hommage vibrant aux millons de disparus, de tués, à leurs familles, mais aussi un superbe ouvrage graphique.

On s'attache aux personnage, dont le professeur Fenayrou, directeur de l'asile de Rodez, qui accueillera et veillera sur Mangin tout au long de la fin de sa vie..

Superbe.


Plus de détails sur le site de l'éditeur :
http://www.roymodus.com/541-Rapport-medico-legal-d-Anthelme

Expédition au delà du Nil


L'expédition
t1 : le lion de Nubie

Marazano et Frusin
Dargaud
2012

Nouvelle série écrite par le superbe scénariste Marazano (Genetiks, le complexe du Chimpanzé...), l'Expédition est un projet mélant histoire de l'antiquité et fantastique.

Le dessinateur, Marcello Frusin, un artiste argentin travaillant aux états unis dans l'univers du comics (Hellbalzer) maîtrise un dessin moderne au rendu vigoureux mais très souple, dont les couleurs rehaussent l'effet intriguant.
Cette manière de dessiner (à l'ordinateur en l'occurrence), rappellera à certains le style Corben, qui est donc avantageux pour ce récit nerveux.

L'histoire conte le récit, en 739 après la fondation de Rome, en Egypte, du centurion déserteur Marcus Livius, revenu d'on ne sait où avec un terrible témoignage.
Emprisonné, il raconte ce qui lui est advenu dix ans plus tôt :
Page 38 issue du blog de l'auteur
Suite à la découverte dans une simple barque d'un homme noir mort, recouvert d'étranges tatouages sur le torse et  paré de nombreux ornements et bijoux, il apparaît que celui-ci proviendrait apparemment d'au délà des frontières du Nil connues, où une civilisation inconnue et très riche y vivrait.

Une expédition de repris de justice aux ordres du centurion est alors envoyée en secret, aux confins des territoires romains...

Ce premier tome tient toutes les promesses de son lancement et de sa superbe couverture. (Une autre est d'ailleurs disponible en édition limitée).
On attend avec impatience la suite de cette saga, qui devrait compter au final 4 tomes.

- Lire l'interview des auteurs dans Canal BD Magazine de Février/Mars 2012 (N°82)

Voir le blog de Marcello Frusin : http://marcelofrusin.blogspot.com/

vendredi 10 février 2012

Deadpool Pulp : "ceci n'est pas une fiction !"

Deadpool pulp
Adam Glass et Mike Benson
Laurence Campbell

Marvel (Max) Panini
Janv 2012

Créé en 1991, il y a donc Vingt ans, Deadpool est un personnage complexe dont on n'a pas encore eu beaucoup l'occasion de découvrir les origines.
Wade Wilson
est un ancien militaire  dont l'engagement dans la guerre du Pacifique a été tel qu'il en est revenu schizophrène. (Pourquoi ? ...des révélations dans ce volume !)
On n'hésite cependant pas à le recruter pour sa maîtrise du combat, et sa folie meurtrière redoutable.

Ce chapitre,  s'apparentant à la série "noire" de Marvel lancée en 2010, qui a proposé des épisodes de nos héros les plus populaires  dans un cadre années 30, prend le partie d'axer cette fois ci son propos durant la guerre froide, et donc au début des années 60, d'où l'adjectif "pulp" typique de cette époque. (Paru aux USA sous label adulte "Max")

Le trait fin de Campbell est toujours aussi efficace dans sa capacité chirurgicale à inscrire le réalisme sous une forme xylogravée, et peut d'ailleurs un peu rappeler Jae Lee. Il s'accorde a merveille au récit sombre, terrible mais néanmoins poétique de nos deux scénaristes de talent. (voir de nombreuses planches sur le ForumSuperspouvoirs)

Un (très) bon one-shot, à la fin en suspense, qui appelle donc éventuellement une suite.
Le site de Laurence Campbell : http://www.getcampbell.com/

Cartigan et les suppôts de Praga


Cartigan, livre un
Dan Willett, Daniel Lish

Akileos
Avril 2011

Comme l'indiquait très justement un article d'ActuaBd en Novembre dernier, les publications Akileos font preuve d'un éclectisme bienvenu et de qualité. L'éditeur se pose d'ailleurs depuis maintenant déjà une dizaine d'années comme une référence incontournable pour tout amateur de bande dessinée.

Parmi les titres récemment parus et traduits de l'étranger, ce récit fantastique mettant en scène un jeune garçon vendu comme esclave à une tribu de boucs avec d'autres humains, dans un univers à la "planète des singes" (rôles inversés) a retenu toute mon attention.
Un univers sombre et poétique

Le principe consistant à mélanger différentes communautés de personnages et des petits chapitres, mettant en scène : flash-back de scènes de guerre, eux- mêmes dessinés dans un style crayonné superbe, et épopée, fonctionne parfaitement.

On découvre dans ce premier tome à la fois un dessinateur très intéressant : Daniel Lish*, aussi a l'aise dans les gris que dans la couleur,  et une histoire pleine de promesse, où une certaine originalité surpasse le petit sentiment de déjà vu, assez typique dans le genre "Heroic fantasy".
Des dessins au trait superbes, pour les flashback
Pour l'aspect : "enfant à pouvoirs, accompagné ou non dans sa quête par quelque vieux grigou soldat", on pense en effet à : "la Quête de l'oiseau du temps...", aux "Epées de Cristal", voire à "Gash larage" (Petelus, Onabok Editions), pour les combats contre des monstres, en crayonnés sombres. (Pour les plus férus.)

...A suivre, absolument !





*Daniel Lish, artiste  new Yorkais dont c'est le premier roman graphique, (très Corbenien d'ailleurs dans l'approche !), publié directement par Akileos, chapeau !
A découvrir sur son site :  http://danlish.com

lundi 30 janvier 2012

De l'Art, ou du cochon ? Bee sure !



Motel improvement art service
Jason Little
Akileos, Juin 2011

Jason Little n'était pas encore connu par chez nous avant qu'Akileos ne nous propose ce volume des aventures de son héroïne "Bee". Il s'agit en fait du deuxième, car l'auteur avait publié auparavant (et remporté un Ignatz award pour) Shutterbug Follies*, premier volume de cette "série".  Il l'avait fait paraître sous forme de strips dans des hebdomadaires américains, et sur le web en séquences avant d'être publié par Dark Horse.

Jason palmer Little
est né en 1970 et fait partie de ces jeunes dessinateurs qui ont eu la chance (pour son titre "Jack's Luck Runs Out", ci-à droite) de pouvoir être reconnus aux USA avec l'aide de la Xerix foundation, qui participe au développement de fanzines papiers. Top Shelf l'avait publié.

"Motel improvement art service
" est un roman graphique de 200 pages à l'humour décalé mais bien présent, dont le dessin très frais et les situations très dynamiques et loufoques offrent un grand bol d'oxygène.

Bee a dix-huit ans, est petite et bien en chair, et ayant fini ses études secondaires décide de se prendre du bon temps et de traverser les états unis en vélo. Mais elle n'ira pas loin, un accident la contraignant  à faire halte dans un hôtel, où elle va rencontrer un drôle d'employé, qui profite du nettoyage des chambres pour repeindre à son goût les tableaux de décoration...

L'autre passion de cet étonnant jeune homme : la collection de drogues.
    Page 139
Edité dans un format à l'italienne très seyant, cet épisode, bien déjanté, réalisé sous forme de huit clos, pourra, de part ses thèmes, faire un peu penser à l'autre révélation de 2011 : Body world.

Le trait de Jason Little est pourtant plus aéré, plus classique aussi, d'une forme "ligne claire", et même si le sexe et la drogue sont bien présent, (à réserver à un public averti donc), il s'en dégage une ambiance beaucoup moins psychédélique.

Une fort belle réussite, et un scénario original tout trouvé pour le cinéma.

*Daté 2005. Akiléos vient de le publier ce mois de Janvier 2012 en France.

Le Site de Jason Little :  http://www.beecomix.com/

Lire des extraits en ligne sur Digibidi

Analyses