jeudi 25 juin 2015

Amazing Ameziane : fidèle au Clan !

Clan
Amazing Ameziane
Le Lombard
Mars 2015

Comment ne pas redire ce que l'auteur lui-même raconte en détail dans la post face de son album (6 pages.) ?

Amazing Amediane, jeune auteur des deux albums chez Kstr (Bag men et Legal), alors graphiste en 2001, lance à l'époque l'idée d'une histoire de Yakuzas. C'est son premier scénario de BD, et il compte réaliser une fresque de cent ans mettant en scène trois générations de clan devant faire face aux actes de leurs aînés.
Mais après un premier tome réalisé (Clan 2040), la maison d'édition d'alors coule et le projet repart en sommeil.
Jusqu'à aujourd'hui, où la version contemporaine de la saga (2016) parait enfin.

 Saburo est un jeune Yakuza plus ambitieux que la moyenne, qui déclenche une guerre des gangs à Tokyo afin de prendre le contrôle du clan de Kodama. Mais ce dernier, afin de défendre ses intérêts,  fait appel à un vieux sabreur aveugle qui croupit en prison de puis des années.
Prise en otage au milieu de tout cela, : Jun, la petite copine de Saburo, pute de luxe, qui a du mal à choisir son camp.
©Ameziane/le Lombard
Je ne connaissais pas Ameziane, et le découvre avec cet album, graphiquement très attractif.
Les 89 pages  proposées (plus bonus), sont dynamiques, modernes, et m'ont personnellement rappelées à la fois le genre presque inimitable de Frank Miller lorsqu'il travaillait sur Daredevil , mais surtout Greg Tocchini sur Last days of american crime. Autant dire un style très américain, au trait fin, et racé, avec une mise en page aérée, respectant à la perfection tous les rythmes du récit.
Shi, le vieil aveugle sabreur
Grande cases pleine pages quand cela est nécessaire, longues bandes verticales, ou enchainements de petites lors des nombreux combats : rien à redire.

La galerie de personnage et délicieuse, le fond fouillé, grâce à une étude approfondie du milieu mafieux nippon, ce qui donne un scénario béton, ne laissant aucun espace pour la médiocrité.

> Si vous aimez la culture japonaise, le style fusion (comics-Bd-manga) où le graphisme mérite autant que le scénario, et les histoires de sabres.. alors cet album est vraiment fait pour vous !

Une sacrée découverte !

Bonus : introduction de Jérôme Pierrat, journaliste, auteur de "Yakusa", et 6 pages de croquis et explications sur la genèse de l'album et les personnages.

http://amazing-ameziane.blogspot.fr/

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lundi 22 juin 2015

Undertaker : sacrée mise en boîte !


En attendant la chronique de Clan, d'Amazing Ameziane, voilà celle tardive* d'

Undertaker,
de Ralph Meyer et Xavier Dorison.
Dargaud, 30 Janvier 2015.

Présenté a grand coups de communiqués dans les revues spécialisées (ou pas), ce nouveau western avait tout pour m'énerver : trop, c'est trop.
Après lecture de l'album, emprunté à la médiathèque locale, je révise mon apriori : ce tome 1 a tout d'une grande nouvelle série.

Le croque mort qui arrive sur Anoki city dans son chariot bâché n'a pas de nom. Il ne le donne pas en tous cas. Il a été convoqué par un riche propriétaire du coin pour gérer son...propre enterrement !
Dans quelle galère ce personnage quelque peu énigmatique s'est-il fourré ? Il ne le sait pas encore, même si Rose, la belle demoiselle qui " l'accueille" lui met assez vite les points sur les i.
Mais lui, d'où vient-il, et qui est-il vraiment ? 






 Scénario béton, dessin classique de toute beauté, j'ai eu l'impression de lire un inédit de la grande période de Blueberry. OK, rien d'original dans ce constat. Mais bon sang, faut le faire quand même !

Ralph Meyer maîtrise un trait dans le style de Christian Rossi époque Jim Cutlass, qui lui permet de nous offrir des scènes de toute beauté, dans une mise en page parfaite. Quant à Dorison, il arrive à installer son (ses) nouveau(x) personnage(s) avec brio. La fin est même tellement raide que l'on ne peut attendre pour une suite. Vite !!

> Le portfolio qui clôture l'album sur 8 pages est magnifique, proposant au final un western de grande qualité, et plus largement, un incontournable du neuvième art.
Publics : Ados-adultes.

Lire la page annonçant la série, pleine de croquis et dessins, sur Dargaud.com :
http://www.dargaud.com/Le-Mag/Actualites/Undertaker-la-nouvelle-serie-de-X.-Dorison-et-R.-Meyer2

(* mieux vaut tard que...)

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lundi 8 juin 2015

Sandawe met en lumière les anges visiteurs : Murzeau et Barboni

 Les anges visiteurs T1 Eva
Thilde Barboni, Emmanuel Murzeau
Sandawe
Avril 2015

Les éditions Sandawe, crées en 2010 en Belgique est le premier site d'édition participative de bande dessinée. Précédemment  évoqué à l'occasion de  la chronique de Pandora beach, leur label permet de découvrir aujourd'hui cet album grand format.
Celui-ci revêt dés sa couverture une aura de série à succès, qui aurait pu être édité chez un éditeur plus classique, de type Casterman ou Dargaud. Il est prévu en deux tomes.


Tandis que dans le plus grand secret, au sein de la fameuse zone 51, Nevada, une équipe militaire s'apprête à autopsier une entité extraterrestre recouverte d'une sorte de combinaison faite de filaments de couleur dans un laboratoire en sous-sol, François et Kristina, deux jeunes scientifiques, se lancent à la poursuite de la mère de cette dernière, célèbre paléontologue disparue depuis quelques jours, après avoir lancé une expédition dans une région désertique de la faille de San Andrea, Californie.
Persuadés qu'elle a mis la main sur une découverte en valant la peine, ces deux amis s'engouffrent au cœur de la roche, et découvrent l'inimaginable.
Malheureusement, ils sont suivis par deux journalistes à sensation, qui ont l'armée à leurs trousses.


Alors que les éditions Wetta remettent en lumière les prequels de la licence Aliens avec leur "Prometeus le feu et la roche", ce scénario de science-fiction aux idées proches, fleure bon les machinistes. Inspiré de la nouvelle "La Crypte", de Thilde Barboni, (2000), traductrice et psychologue clinicienne de formation, auteur prolifique de romans nouvelles et pièces de théâtre, ce premier tome développe un scénario intéressant sur la présence d'entités extra terrestre depuis des millions d'années, au cœur de notre croute terrestre.

Au milieu de cette aventure quelque peu angoissante (claustrophobes s'abstenir), la scénariste développe les idées de la conservation, de la création, et du retour à la vie, sous la forme d'un récit de science-fiction particulièrement prenant.
Le dessin non encré mais colorié d' Emmanuel Murzeau, quant à lui, s'il surprend un peu au premier abord, devient très vite attachant, contribuant finalement pour une grande part à l'une des originalités de ce premier tome.

P4. ©Sandawe/Murzeau/Barboni

...56 pages menées tambour battant, nous laissant sur notre faim avec une image que n'aurait pas reniée Corbeyran et ses Stryges.
On espère que la suite, "Les jumeaux célestes", qui vient de trouver son financement, saura être à la hauteur de ce début inspiré et prometteur.


Le blog de Murzeau : http://www.murzeau.blogspot.fr/

Bibliographie complète de Thilde barbon : http://thildebarboni.com/ThildebarbonLa page de l'album sur le site Sandawe : http://www.sandawe.com/fr/projets/eva

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mercredi 3 juin 2015

Pandora beach : voir au delà de la carte postale...

Pandora beach
Eric Borg/Alex Talamba
Sandawe - Big Foot
Avril 2015

Eric Borg, créateur de la revue Zoo, n'en est pas à son premier coup d'essai.
Il a déjà publié avec le même dessinateur : Sidibouzi kids, mais aussi avec d'autres : Crematorium et la série en deux tomes (à ce jour) Rocher rouge.

Dans ce nouveau projet, l'idée était de proposer justement un univers un peu horrifique à Alex Talamba, pour aller plus loin que Rocher rouge, dans lequel le scénariste avait déjà exploré le genre fantastique.

...Zarkos, dans un pays qui pourrait être la Grèce, aujourd'hui. Une bande de jeunes copains et copines: Medhi, Albane, Steph, Antoine, décident de se faire un petit trip sympa lors de leurs vacances. Medhi a repéré un coin qui semble idyllique, vu sur une vieille publicité.

Mais arrivé sur place, dans ce petit village côtier désertique, il ne trouvent qu'une vieille ferme quasi abandonnée, habitée par une mamie dont ils ne comprennent pas un mot.
L'ambiance est bizarre, le lieu pas franchement confortable, et jouxte une sorte de décharge où des enfants viennent ramasser des ordures, sous les ordres de plus grands, sortes de gardiens. Mais... la vieille se montre relativement accueillante, et de toute façon, ils ne savent pas où aller ailleurs.
Un soir, Mehdi est réveillé par du bruit et est témoin d'une scène plutôt. horrible...

Planche 10  issue du site Sandawe :
http://www.sandawe.com/fr/projets-auto-finances/pandora-beach

Dans ce récit inspiré initialement des histoires à la Ec comics ou Warren, Eric Borg, qui n'a pu voir édité son album de manière classique, et a lancé au final une souscription sur Sandawe, a finalement revu sa copie et adoucit le propos en termes d'horreur pure, pour l'amener vers quel que chose de plus réaliste. Cet endroit où de jeunes touristes en mal d'aventure côtoient le quotidien misérable d'autres enfants, a le mérite de rendre hommage à ces pays (de l'est), où les différentes crises ont laissé des traces et où la pauvreté oblige les habitants à des pratiques pas toujours légales ou très humaines. Dans ce contexte géopolitique sec (le climat) et dur (la pauvreté), l'auteur infiltre /insert un soupçon de fantastique et d'épouvante qui maintient le lecteur en haleine jusqu'à la fin. Celle-ci, ouverte, laisse présager d'ailleurs d'une suite. Eric Borg, qui a créé le label Big foot à l'occasion, l'annonce à ce propos ouvertement en fin de volume, dans ses notes explicatives parsemées de dessins d'études.

Alex Talamban quant à lui, propose un dessin moderne, au trait serré, plutôt stylé jeunesse, et agréable. Sa colorisation informatique, si elle n'offre pas un panel très étoffé, reste néanmoins maîtrisée. Et les planches ne souffrant d'aucun défaut, bien qu'encore assez académiques,  autorisent une lecture très fluide.

> Un bon "1er album", tous publics, qui laisse présager de la naissance d'une nouvelle série jeunesse de qualité..

Voir des planches et le projet sur Sandawe.

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dimanche 17 mai 2015

Catamount : lorsque la bande dessinée met en lumière deux auteurs

Catamount, la jeunesse (T1)
D’après l’œuvre d’Albert Bonneau
Benjamin Blasco-Martinez : Scénario et dessins
Physalis
Avril 2015

Un gros chat sauvage à l'avant plan, tenant entre ses dents un bébé dans un linge. Le tout sur un fond rouge orangé parsemé de flammèches, couleurs de violence. Derrière, une bande Cheyenne massacre une caravane de colons. On s'attend au pire dans cet album, et peut-être au fantastique.
Ce premier tome, de ce qui est annoncé comme une nouvelle série, donne le ton, et ce n'est pas le portrait d'un indien, façon Johnny Depp dans Lone ranger sur le quatrième de couverture qui rassure.

Black possum ©Physalis/Benjamin Blasco-Martinez



1870, Entre le Colorado et le Nebraska : une caravane est sauvagement attaquée par une bande Cheyenne assoiffée de sang.
Pourquoi ? on ne le saura qu'à la fin.
Sauvée in extrémis, car elle avait choisi de prendre un raccourci, la famille de Samuel, constituée de sa femme et de sa jeune fille, arrive trop tard, et ne peut que constater le désastre. Néanmoins, quelques heures plus tard, ceux-ci sauvent par hasard un jeune bébé, qu'un catamount (un gros chat sauvage), avait déplacé du théâtre de la tragédie, afin de pouvoir le dévorer à l’abri des vautours..  Ce petit sera désormais leur garçon et se nommera Catamount.
Mais les Cheyennes, menés par un chef au visage diabolique, reviennent et tentent d'agresser à nouveau leur chariot. Les colons sont secourus à nouveau, cette fois par le septième de cavalerie.
Ce chef indien : Black possum, a une vengeance spéciale à accomplir…


Benjamin Blasco-Martinez est un jeune dessinateur originaire de Moulins, dont c'est le premier album. En Avril 2013, il rencontre sur un salon Odile Bonneau, la fille du romancier Albert Bonneau, (1888-1967, auteur prolifique de romans d'aventures, de cape et d'épée et de westerns) et celle-ci l'interpelle en lui disant que l'adaptation de Catamount serait une bonne idée. Ni une ni deux, Benjamin relève le défi.
P.8 de l'album ©Physalis/Blasco-Martinez
Ce premier tome de 64 pages commence bien. Le trait de l'auteur plutôt  réaliste est fin et minutieux. Quelques belles planches (P. 8 pleine page et 17-18) montrent pleinement son talent. La colorisation est aussi réussie, tout comme le lettrage. Autant dire que pour un premier album, on a envie de mettre un 18/20.
L'intrigue quand à elle, assez étrange est basée sur un suspens lourd, éolue normalement jusqu'à la page 58, c'est à dire la quasi fin, où l'explication de la violence de Black possum est expliquée.
...D'où vient alors ce sentiment étrange de ne plus rien comprendre à ce moment là ? 
On peine en fait à reconnaître un des personnages principaux, les explications de Black Possum sont peu compréhensibles, on se mélange les pinceaux…et l'indien lui-même devient ridicule dans les dernières scènes. Ce constat laisse donc un goût de doux amer.

Mise à part ce petit "défaut", Catamount est un premier album western réussi, dans la veine du Deadman de Jarmush (1995), ou d'Un homme nommé cheval, (Elliot Silverstein, 1970), pour son aspect sauvage et violent, et qui révèle Benjamin Blasco-Martinez comme un auteur talentueux à suivre, dont les éditions Physalis peuvent être fières.

Le site des éditions Physalis

Le blog de Benjamin Blasco-Martinez

Oups, j'allais oublier : Benjamin est en train de travailler à un deuxième album (non signé à ce jour ?) intitulé "Grizzly", sur les mémoires d'un (vrai) soldat de la guerre d'Algérie qu'il a rencontré.
Ses première planches sont visibles sur son blog. Et ça promet.  A suivre donc !

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lundi 4 mai 2015

New avengers va comme un gant à Jonathan Hickman !

New avengers  Tome 1 : Tout meurt
Jonathan Hickman/Steve Epting
Panini comics Avril 2015
Marvel now en Avril 2015

La collection Marvel now qui a relancé récemment l'Univers Marvel (reboot des principales séries), compte déjà 23 titres, et c'est le tour cette fois-ci aux New Avengers d'avoir droit à un traitement de choc.
Le scénariste au style sombre et réaliste très apprécié Johntan Hickman, excelle chez Image avec les titres  de science-fiction : Red wing, East of west, Manhattan project, mais a su aussi transposer sa patte chez Marvel avec les séries Infinity, et Avengers, entre autres.
C'est donc avec confiance qu'on ouvre ce premier volume à la superbe couverture.

Les New avengers, ce sont en fait les Illuminiati, réunis autour d'Iron man, suite à la guerre Kree /Skrulls : Flèche noire, Docteur Strange, Reed Richards, et la Panthère noire, qui ont choisi de travailler de consort pour défendre les intérêts des humains et des mutants sur terre.
Mais au Wankada, de jeunes guerriers en formation sont témoins auprès de leur roi, d'une incursion extra terrestre qui menace l'univers entier. 
Appelé à la rescousse, Namor a rejoint le groupe, qui décide de réunir et utiliser les gems du gant de l'infini pour tenter de lutter contre la menace.
Captain america n'étant quant lui pas du même avis que ces collègues, il est neutralisé. Tandis que Le fauve, ayant hérité du joyaux du professeur Xavier, est intégré.

Le gant de Thanos resconstitué
Black swan
©Panini/Hickman/Epting
Jonathan Hickman choisit le thème de la destruction de mondes pour justifier du rassemblement de ces New Avengers.
Le principe est simple : il faudrait sacrifier d'autres mondes afin de sauvegarder le sien quelques temps.
Les entités repérées au Wakanda sont menées par une jeune femme nommée Black swan dont la froideur n'a d'égal que la beauté.
D'après elle, la terre sera rayée de la carte prochainement car le scénario catastrophique est éprouvé.

Capturée et retenue en otage, elle participe néanmoins à l'explication du phénomène et semble vouloir aider le groupe. Mais les incursions du groupe grâce à la technologie de Black swan dans les mondes parallèles incursifs les mettent devant de lourdes responsabilités.
Que sont-ils face à Terrax, ou son maître : Galaktus, qui est venu se repaître des mondes déchus ?
...On retrouve la notion de sacrifice, souvent abordée dans les comics, mais à un point de non retour global, que l'univers Marvel risque de payer au prix fort. C'est ce qui fait de cet arc un moment clé à nouveau.
New avengers p.37 ©Panini/Hickman/Epting

Nb : L'auteur va jusqu'à user de schémas afin d'expliquer le principe de ces mondes parallèles incursifs, et c'est tout à l'honneur de Johnathan Hickman, qui réussit à nous tenir en haleine avec ce récit, mêlant à la fois réflexion sur le transhumanisme et action, dans la grande tradition des super héros.
Le ton est sombre, les dessins de Steve Epting superbes.. présentant donc ce premier volume comme un incontournable de la maison aux idées.

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vendredi 24 avril 2015

Miss marvel 4.0 : jamais trop tard pour suivre Kamala Khan.

Miss Marvel
G. Willow Wilson/ Adrian Alphona
Panini comics
Février 2015


> Enfin la chronique de ce comics pas tout à fait comme les autres et déjà populaire. ...Il était temps. :-(

Miss Marvel
est un personnage  apparu pour la première fois dans Marvel Super-Heroes #13 (Mars 1968), conçu par Roy Thomas et dessiné par Gene Colan.
Carol Danvers, officier de l'armée de l'air américaine acquiert des pouvoirs suite à un accident aux côtés de l'extra terrestre Kree Captain Marvel.
1er numéro de Miss Marvel, 1968
Cette héroïne a cependant  connu deux autres avatars au fil des décennies sous les traits de Sharon Ventura (années 80), puis Karla Sofen, une "méchante", qui a usurpé son identité au sein des Dark avengers à l'occasion de l'arc Dark reigns.

En Novembre 2013, une jeune americano-pakistanaise fait son apparition dans Captain marvel #17, et ne va pas tarder à devenir la quatrième Miss Marvel, pour ce qui s'avère être déjà un jalon dans l'histoire du comics, puisque premier comic-book mettant en avant un personnage musulman, dans son propre titre. (1) : Voir le traitement de l'islam dans les comics books.

Kamala Khan est une adolescente de seize ans d'origine pakistanaise, fan de Miss Marvel et des super héros de la même maison d'édition. Mais elle vit dans le New Jersey, au sein d'une communauté très pratiquante. Son frère passe son temps à prier, et ses parents "veulent le meilleur pour elle". Elle ne peut donc pas sortir avec ses amis du lycée, et est constamment surveillée. Elle n'a donc qu'une envie : changer de peau, changer de vie.

La famille Khan (et Bruno, le copain)
Un soir cependant, alors qu'elle a fait le mur pour aller à une fête, elle se retrouve prise dans un phénomène de brouillard étrange qui la rend malade. Croyant être sous l'emprise de l'alcool, elle a des visions de Captain America, Iron man et Miss Marvel. Cette dernière lui pose la question de savoir ce qu'elle veut vraiment : ce à quoi elle répond "Je veux être toi".

C'est le départ d'une histoire particulièrement intéressante, où le questionnement habituel du jeune super héros, de type Spider-man, qui doit gérer ses pouvoirs en fonction de ses responsabilités va devoir aussi gérer ses différences religieuses et culturelles.
Elle va aussi devoir apprendre et maîtriser ses nouveaux talents.


Créé en binôme par l'auteure américaine musulmane G. Willow Wilson, et Sana Amanat, auteur et éditeur chez Marvel comics, créatrice de Ultimate Comics Spider-Man a.k.a. Miles Morales, le premier super héros noir et hispanique, ce Miss Marvel a défrayé les chroniques du monde entier par son ton résolument moderne et rafraichissant, allant même jusqu'à influencer des groupes luttant contre une campagne islamophobes aux Etats-unis (2)

Le  dessin d'Adrian Alphona, très indépendant et un peu manga, participe de ce traitement et permet certainement de sortir quelque peu ce titre des poncifs plus habituels de comic-books de super héros.
Les dialogues et les situations sont crédibles, bien sentis, et on prend beaucoup de plaisir à lire ces cinq premiers chapitres (*)
L’héroïne attachante ne demande qu'à être suivie. Et on apprécierait de la voir, à ce titre, en série sur le petit écran.


(1) http://islamicommentary.org/2015/04/all-in-and-all-out-examining-islam-in-g-willow-wilsons-graphic-novels/

http://islamicommentary.org/2014/10/what-is-the-muslim-comic-book/

A découvrir : la série de super-héros 100% musulmane :  The 99, une bande dessinée koweïtienne créé en juin 2006 par le Dr Naif al-Mutawa, psychothérapeute et écrivain, et publiée par Teshkeel Comics. Elle montre des personnages positifs qui reprennent chacun un des 99 attributs d'Allah. (Wikipédia)

La série sur Comixology : https://www.comixology.com/THE-99-1/digital-comic/13952?ref=c2VyaWVzL3ZpZXcvZGVza3RvcC9ncmlkTGlzdC9Jc3N1ZXM

(3) Un article de Libération à ce sujet : http://www.liberation.fr/monde/2015/01/28/miss-marvel-une-super-heroine-musulmane-contre-l-islamophobie_1190699

A lire : le bel article sur la place des femmes dans les comics chez Popfixion.

(*) Plus un extrait d'All new marvel now point 1.

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Analyses