vendredi 15 juin 2012

La Segmentation de Malka

Segments T1 Lexipolis
Richard Malka/Juan Gimenez
Glénat
Nov 2011

L'idée principale consiste en une union galactique des fonctions segmentées, (UGFS), ensemble de planètes censées regrouper en leur sein les humains partageant les mêmes fonctions et mêmes abilités. Un ordre tyrannique en réalité, le "segmentisme", dirigé par les 7 Guides, "immortels"  qui demandent à repérer dés l'âge de sept ans les enfants lors d'un pseudo test afin de les affecter dans telle ou telle "prison" : Stakan, (secteur du travail), Muse (créativité), Psyche (spiritualité), Lexipolis (Justice), Neo-sparte (guerre), Voluptide (jouissance, jeux), et Mercante (commerce).

Perci Lars et Beatrix Lhuvine, deux jeunes adultes, pour des raisons différentes, se retrouvent en rebellion contre ce système, et rejoignent les sans couleur, groupe de résistants.


Un nouvel album de science fiction avec Juan Gimenez au dessin, cela est plutôt synonyme de qualité, au moins graphique.
On peut cependant être un peu  lassé par la profusion de titres réalisés avec Jodorowski  (cycle des Métas barons) et s'attendre à ce que cet album reproduise l'univers particulier déjà vu.
Mais si la science-fiction dessinée par Gimenez est la plupart du temps au service de scénarios de space opéras souvent guerriers, cette nouvelle série aborde des idées plutôt intéressantes, et présente des personnages charismatiques, le tout nous enmènant à la fin de ce premier tome de manière ennivrante.

Il faut dire que Richard Malka, avocat de profession quadragénaire, a su faire se rencontrer dans cet album sa connaissance du droit (et sa passion des lois) et l'expérience graphique et de science-fiction de Gimenez. Ajoutant à cela quelques scènes prenantes (comme la descente dans l'atmosphère des deux héros, vétus seulement de leur combinaison), la création au final donne une recette gagnante, toute en subtilité.
Une série de bonne augure pour la BD.

lundi 4 juin 2012

Pas de fumée noire.. sans Aliens !

Aliens
2 Paradis express

Liam Sharp, Ron Marz, Jay Stephens
Sharp, Wrightson, Risso
Soleil US comics
Avril 2012

Ce tome fait suite en terme de collection au Aliens plus qu'humains paru en 2010.
Il s'insère comme tome à part entière d'histoires longues ou courtes concernant le Xénomorphe seul, alors que d'autres tomes proposent des cross-over (Batman, Predator..etc.)
Dans ce volume, trois histoires différentes : la plus longue (42 p) par Liam Sharp, et deux moyens-courts récits de 12 et 22 pages chacun.

Paradis express
(Fast track to heaven) date de 2011 et nous emmène  sur un vaisseau stationné au dessus d'Europe, satellite de Jupiter.
Celui-ci est relié à la planète par un ascenseur géant, qui descend jusqu'aux tréfonds des océans du satellite.
Entre les deux, une forme de vie a été repérée et plus aucun contact n'est établi avec les explorateurs.  Une équipe doit donc descendre afin de s'assurer du bon fonctionnement des équipements...
Le dessin de Liam Sharp est moderne et plutôt intéressant, avec un aspect très numérique.

Incubation est dessiné par Berni Wrightson et scénarisé par Ron Marz, mais date de 1995,. Le style est donc un peu plus daté.  C'est un récit court abordé avec une voix off dont on ignore d'abord le personnage sujet.
AVPWikia.com nous apprend que ces 12 pages publiées en leur temps sur deux numéros de Dark horse presents (101 et 102)", peuvent être considérées comme un préquel du Batman/Aliens part 1 dessinée par le même auteur où l'action se déroule effectivement dans une jungle terrienne. On considérera donc ce petit bonus comme un addentum à la saga Aliens, et à la bibliographie française de Wrightson.

Spectre (Wraith) date de 1998 et met en scène une bande de jeunes migrants sur l'agro colonie Tigru Mires.
On retiendra de ce récit l'ambiance feu de camp et le dessin d 'Eduardo Risso, tout comme le final qui nous dévoile le vaisseau des "Ingénieurs" vu dans Alien le film (1979) et Prrometheus. Une sorte de raccord géographique et temporel donc à la saga, qui annonce le comic "Apocalypse".
++Nb : Ce récit est une réédition puisque le label français Wetta worldwide l'avait déjà proposé compilé au titre "Stalker" en 2005.
Cf : Wetta, le site.

Au final, un cartonné sympathique, mais pas des plus indispensables dans la longue lignée des Aliens de la saga.

jeudi 31 mai 2012

Locke & key : un comic réussi bientôt à la TV ?

Locke & Key t1 (sur 3)
Benvenue à Lovecraft

Joe Hill/ gabriel Rodriguez
IDW/ Milady
Sept 2011 (réed)

Le label Milady continue à nous surprendre de belle manière avec ce titre mélant épouvante et féérie, paru en 2010 dans un premier tirage.

Joe Hill est un romancier qui a reçu un Eisner Award en 2011 pour ce titre. Quant à Rodriguez, c'est un dessinateur Chilien bien ancré dans le genre (Histoires de Clive Barker, Romero..)

Le couple Locke vit plutôt paisiblement à Mendocino valley, avec Bode le benjamin (10 ans environ) , Tyler (grand ado costaud) et Kynsey, leur soeur, adolescente aussi. Leur père est proviseur au Lycée du coin, et il a le malheur de posséder quelque chose, qu'un jeune dont il s'occupe, pas très heureux et plutôt dérangé veut fortement.
Armé et accompagné d'un copain tout aussi taré que lui, ils vient un jour perpétrer un massacre à la maison, tuant le père, tandis que le reste de la famille arrive à s'échapper.
Sam Lesser, le tueur, est arrêté et enfermé, tandis que la famille déménage loin d'ici dans une maison secondaire isolée,  à Lovecraft, petite bourgade paumée du Massachussets, pour oublier.
Mais  cette bâtisse assez ancienne possède d'étranges propriétés, comme une porte qui donne sur l'au delà.. et un puit muré à l'extérieur qui détient détranges secrets... Et c'est justement ceux-là que Sam cherchait à percer...

Si l'on pense un peu à Courtney Crumrin quand on lit avidement cette première partie, c'est sans doute pour l'aspect gothique de la maison, et cette ambiance de lycée et d'enfance, avec ses nombreux flashbacks.
Mais l'autre référence qui vient à l'esprit est la série The lost room (2006), où déjà, une clef permettait de passer d'un univers à l'autre via un porte.

En tous les cas, le dessin agréable et moderne de Rodriguez rend fluide le récit bien écrit de Joe Hill, et nous tient en haleine jusqu'au bout des 168 pages de ce premier tome. (galerie d'illustrations) comprise)
Une agréable surprise.

Nb : Les deux autres tomes ont parus depuis. Voir le site Milady
A voir : le trailer de l'adaptation film, toujours en cours...(sur les Mystérieux étonnants)

lundi 30 avril 2012

La "N" des pierres d'Ackerman



"N" Marc Guggenheim, Alex Maleev
d'après Stephen king

112 pages
Glénat comics, Avril 2012

Glénat se met au comics et s'est tant mieux, avec un titre de haute qualité, même si Stephen King est déjà adapté en grand format sur "La tour sombre" chez le concurrent Panini (label Fusion Marvel).

En 1912, le patriarche de la famille Ackerman pète les plombs et décime sa famille avant d'exploser sa ferme, dont ne reste que 8 piliers en pierre.

Aujourd'hui, un psychiatre, John Bonsaing, analyse "N", photographe amateur qui a découvert par hasard dans le champs ces étranges pierres levées. Celui-ci explique qu'il existe une sorte de malédiction à cet endroit, et que parfois, sept pierres seulement apparaissent, selon les saisons.. D'étranges et hideux visages incrustés dans la pierre l'ont aussi attiré vers le centre, dont s'échappe une étrange atmosphère...

Après son suicide, le médecin cherche à savoir...
Mais la folie de son client n'est-elle pas .. contagieuse !?...
La seule scène sanglante du récit, au tout début.
Après, il n'est question que de .. psychologie.
Adapter Stephen King, c'est du gâteau, généralement, et ce titre ne déroge pas à la règle avec un scénario de Guggenheim au cordeau et un dessin semi réaliste de Maleev qu'on avait déjà pu apprécier sur la série Daredevil chez Panini.

Le suspens est au top, l'ambiance bien glauque.
Un très bon et beau livre .. à offrir aux amateurs.

Voir le label Glénat comics sur leur site (L'image ci-dessus en est d'ailleurs tirée) :
http://www.glenatbd.com/bd/collections/comics.htm

dimanche 22 avril 2012

Time bomb 2 : "cachez ce nazi que je ne saurais voir..."



 Time bomb 2
Jimmy Palmioti, Justin Gray
Paul Gulacy
Atlantic BD
Mars 2012

La voilà, la suite de ce comics bien foutu dont on avait bien aimé le premier tome.
L'équipe de super soldats renvoyés en 1944 à Berlin pour stopper les expériences démentes de nazis sur le projet de missile omega atterri d'abord dans un camp d'exermination.
Ils y mettent bon ordre avant de s'infiltrer dans un berlin divisé en deux : les zones détruites et la ville sous terraine au coeur du processus destructeur.
Là, nos héros vont devoir vendre chèrement leur peau pour mener à bien leur mission, au rhytme de quelques rebondissements plus ou moins bienvenus (pour eux)...

Réussite au final de l'équipe de Jerry Palmiotti, même si l'aspect anti-mazi/pro américain n'échappe pas aux poncifs déjà vus dans le film de même type : Unglorious bastards de Tarantino, auquel on ne peut manquer de faire référence à l'aune de certains dialogues voire même de la confrontation avec Hitler lui-même.

Malgré ce petit point noir (!..), "Time bomb" va jusqu'au bout de sa logique et de son idée de départ, plutôt bonne, avec une excellente réalisation, réservant au passage quelques surprises.

Un comics nerveux, tendu, dont la dose de (rétro) science-fiction "seconde guerre mondiale" fait la différence.

L'armure du Jakolass, une aventure de Valérian par Larcenet


L'amure du jakollass
Manu Larcenet

Dargaud, Octobre 2011

Etonnant.
Amateur ou pas de Valérian et laureline, les deux héros créés par Mézières et Christin en 1969, ou amateur de Larcenet, il fait bon se délecter d'un tel hommage à l'une de meilleurs séries de Science-fiction française des années 70.
Si Larcenet, plutôt connu pour son style humour et second degré a gardé cette option pour son adaptation, c'est heureux, car il a cependant pondu un scénario de grande qualité  pour rendre l'histoire de cette armure de Jakollas passionnante et crédible.

René, pochtron de banlieue parisienne rêve de grands espaces galactiques, et tombe nez à nez un soir de sortie de bistrot avec les personnages de l'épisode "Métro Chatelet direction Cassiopée" de la série originale : Mr Albert, et les Shingouz.

Il semblerait que René soit en fait Valérian, mais dans un autre corps, envoyé là sur Terre par un procédé de télé internement  mis en place par Jesperiank le Jakolass, le représentant indestructible d'une race sanguinaire.
Il faut se rendre sur la planète prison Walawalla où est interné ce meurtrier afin d'y trouver la solution d'inverser le processus...

...Original, bien sûr, et rempli de superbes idées dont l'une constitue le rebondissement magnifique du cœur du récit, le tout réalisé avec un dessin à la hauteur de ces ambitions. (Et quelle belle couverture !)

On retrouve aussi bien évidemment Laureline, qui désespèrera néanmoins de son vrai Valérian.

Bravo larcenet !

lundi 26 mars 2012

Nu Men : l'avenir n'est pas rose...!?

Nu men, T1 Guerre urbaine
Fabrice Neaud
Quadrants/Soleil
Janvier 2012

Première inclusion de Fabrice Neaud dans la science-fiction, après ses nombreux volumes autobiographiques chez Ego comme X, "NU men" apparaît comme un (autre) projet ambitieux.

L'auteur nous entraine dans le futur proche (milieu du 21eme siècle) afin de dénoncer la société déshumanisée, hyper consommatrice et sécurisée dans laquelle nous vivons déjà un peu.
Ceci par le truchement d'un scénario catastrophe mettant en œuvre des forces militaires au service d'une méga nation (L'Europe")* et de sociétés sans scrupules jouant avec la vie des hommes pour tester une haute technologie de transportation. (Principe de la faille temporelle).

Csymanov, sergent costaud mais au grand cœur, (et moins bête que les autres ) se trouve en plein milieu d'une intervention au moment où un étrange phénomène destructeur intervient. Il sauve une gamine et se retrouve poursuivi par Mstislav Poposcu, autre militaire mercenaire, à la solde de la société à l'origine de ces évènements.

...Ce premier tome, réussi aussi bien dans son scénario ténu, ménageant le suspens, ses ambiances réussies (on pense à Akira pour le côté apocalyptique), et la touche très personnelle de l'auteur (La salle de sport, '"Lucy Prime, votre transpeutu préférée"...), promet une saga de grande qualité, qui dans l'immédiat donne la même sensation que l'on avait pu éprouver à la lecture des premiers "Universal war one" de Denis Bajram ! 
Fabrice Neaud a réussi avec brio son passage à la SF, tout en gardant son univers personnel. Bravo.

Nb : 47 pages, et des présentations sur les pages de garde, façon journal live ajoutent un côté "reportage" réaliste à l'ouvrage.
(Dont 2 pages en fin de volume écrites par "Lucy Prime,  la journaliste drag queen passant les news dans l'album.)

(*) Petit clin d'œil ironique aux Etats unis, qui ici, ont été anéantis.

Lire l'interview de l'auteur sur l'immanquable.


Analyses