jeudi 16 juin 2016

Des traditions ancestrales dénoncées avec talent par Zidrou et Beuchot.

Un tout petit bout d’elles
Zidrou & Raphaël Beuchot
Le Lombard
Mai 2016

On l’a vu dans la précédente chronique, Zidrou est doublement présent ce début d’année. Il s’est associé, pour le meilleur, avec ce dessinateur nantais pour les 3 premiers albums, d'ailleurs liés, de sa jeune carrière. > La "trilogie africaine" d’après l’éditeur.

Dans ce récit se déroulant de nos jours au Congo, les deux auteurs, réunis sur le scénario, nous font découvrir la relation entre Yue, jeune ingénieur chinois travaillant sur une exploitation forestière, Antoinette, une belle et grande congolaise, et sa jeune fille Léonine.

Si l’amour permet le rapprochement de deux êtres pourtant d’origines et de cultures différentes, les exactions capitalistes et coloniales des patrons de l’un se heurteront aux traditions quelques peu barbares de l'entourage de l’autre. Mais rien n’empêchera le meilleur…

Un tout petit bout d’elles interpelle positivement, dans la mesure où Zidrou et Beuchot réussissent à mener leur dénonciation (celle de la coutume de l’excision chez les femmes), tout en montrant clairement en parallèle l’exploitation peu scrupuleuse contemporaine du sol africain par les entreprises chinoises. Deux angles quasi documentaires se complétant et s'immergeant parfaitement dans un récit de fiction.
D'autant plus que Yue est un humaniste, et qu'on s'attache facilement à son personnage. Tout comme on partage avec plaisir la relation amoureuse qu’il entretient avec Antoinette. Mais il ne pourra lutter seul contre les traditions ancestrales, et c’est pourquoi, au delà de l’histoire menée en 92 pages, un cahier documentaire est proposé en fin d’ouvrage, afin de donner des chiffres, et les informations nécessaires.*

Un album qui sera fortement recommandé aux structures à vocation pédagogique, mais pas uniquement, car le dessin de Raphaél Beuchot, et ses couleurs très agréables (réalisées par Sarah Murat), sont au diapason d’un ton ne manquant pas d’humour, aptes à séduire tous les lecteurs.
On réservera néanmoins sa lecture aux enfants à partir de 10 ans, accompagnés, car certaines scènes ou images pourraient choquer les plus jeunes.



Nb : Même si le Congo n’a pas de statistiques disponibles, il est entouré de pays pouvant aller de 5 à 75% de femmes excisées.

mardi 7 juin 2016

L'adoption réussie de Zidrou et Monin

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L’adoption
Zidrou/Arno Monin
Grand angle (Bamboo)
Mai 2016

Arequipa, Pérou. Un tremblement de terre. Presque 60.000 victimes.. et parmi elles une petite orpheline : Qinata.
Quelques semaine plus tard, et bien plus loin, en Belgique, un couple de retraités, les Van Osterbeek, accompagnent leur fils et sa femme, à l’aéroport, pour récupérer la petite, car ils ont décidé de l’adopter.
On va accueillir, en même temps qu’eux, ce nouveau petit arrivant, qui va chambouler leur vie, et surtout celle d’un grand père dont la vie bien pépère n’attendait pas ça.

Zidrou est un stakhanoviste de la BD et publie sans discontinuer des albums avec divers dessinateurs depuis bientôt 30 ans. On remarque ce mois-ci deux albums aux sujet familiaux et sociaux : cet album et Un tout petit bout d’elles, sur la circoncision.
Un domaine (le social) que cet ancien instituteur semble avoir envie de développer. Tant mieux.

Dans l’Adoption, c’est d’abord le superbe dessin aux couleurs lumineuses du jeune Arno Monin que l’on remarque. Un dessin gras, souple, et semi réaliste, à l’encrage fin, recouvert de couleurs douces, …presque de l’aquarelle.
Puis en faisant défiler les pages, et en entrant dans le récit, c’est le ton de Zidrou qui nous prend les tripes. Du vécu, il y en a, c’est sûr. La description du couple d’anciens (de grands-parents), entre autre, changé dans son quotidien tranquille, est une petite merveille d’observation sociale. Les dialogues sont, de même, savoureux.
©Zidrou/Monin/Bamboo

On s’attache bien sûr à ce grand-père : Gabriel,  mais aussi à ses deux compère retraités, anciens boucher, fromager, boulanger…qui se retrouvent régulièrement pour leurs petites rencontres « sportives », toujours conclues par un coup au bistrot du coin. Et on fait le même chemin que lui finalement… en intégrant peu à peu ce petit être sauvage, ce petit corps étranger, qui parle à peine… petit bout de chou qui ne demande qu’à aimer, et être aimé.
Beaucoup de poésie bienveillante.

On ne dévoilera pas le subtil rebondissement que l’auteur nous réserve néanmoins en fin de tome, retournement qui nous prend de cour et rétablit de plein fouet une réalité malheureusement difficile et cruelle… mais l’espoir de trouver une suite digne de ce premier tome nous réjouit d’avance.

Zidrou et Monin, un duo de choc, pour un album réussite.


Vivement conseillé, et tous publics.

mercredi 1 juin 2016

La malédiction qui s'abattit sur Gotham : Mignola amène Batman dans son univers

Batman La malédiction qui s'abattit sur Gotham
Mignola, Dan Raspler, Richard Pace/ Troy Nixey
Urban comics
Mai 2016
Mélanger Batman et le mythe du Chtulu est plutôt une bonne affaire, pour tout ceux qui goûtent à l'oeuvre de Lovecraft. Avoir Mike Mignola au scénario ne gâche rien., lui qui avait déjà travaillé avec Troy Nixey sur une série courte déjà dédié à l'univers du romancier de Providence avec Jenny Finn. (E Proust, 2009).  Ce recueil complète cette série de 3 numéros datée 2000 avec un Batman legends of the Dark knight #54 « Sanctum», de 1993. (Déjà édité par Rackham en France, en format moyen, souple, en 2004.)



1928, Un chalutier revenant d’une mission en Antarctique ramène dans ses cales à Gotham une créature d’un autre âge issue des glaces. Le jeune Bruce Wayne, pas encore complètement investi dans son rôle de justicier, va se retrouver mêlé à l’invasion planifié d’une ancienne divinité.
A ses côtés, des personnages que l’on connaîtra plus tard dans la mythologie DCienne comme Green arrow, Double face, ou le pingouin.


L’intérêt premier de cette série est de nous plonger concrètement dans l’univers Lovecraftien dés le départ. Avec l’aventure polaire, et le retour à la civilisation façon Nosferatu, on baigne dans le cauchemar. Mais la thématique du Chtulu, cette divinité antédiluvienne qui réclame son dû, et se sert d’esclaves pour lui offrir sa pitance faite des mondes qu’elle visite, va imprégner davantage le récit et nous faire dériver de manière détournée vers la série plus connue du scénariste : à savoir Hellboy.


On goûte avec plaisir les « origines » de ces personnages vieillissants, qui auraient pu être des héros, mais qui ici, comme Henry Queen, ne semblent que porter la trace d’une futur lignée héroïque, car le destin en a voulu autrement. Quant à Double face/ Harvey Dent, c’est ici un empoisonnement au sumac qui lui apporte la célèbre défiguration bien connue, et qui le rendra disciple involontaire de chair de la créature.
Des manières détournées de rafraichir en quelque sorte le mythe Batman, tout en, paradoxalement, le vieillissant, car en nous projetant dans une époque propice aux élucubrations du créateur de cet enfer, à savoir Lovecraft. (1890-1937)


Un travail donc assez plaisant de Mignola, Raspler et Pace, mis en images par un Troy Nixey assez convaincant; au style polar ceci dit un peu figé dans le trait, mais qui n’enlève rien au récit.


En bonus, « Sanctum », de 1993, dessiné par Mignola, et scénarisé par lui et Dan Raspler, ou comment préparer une future histoire de Hellboy en utilisant le personnage du Batman. En effet, l’idée de faire délirer le personnage, couché sur une tombe et affaiblit par l’emprise du cadavre gisant dessous a depuis été revu dans au moins un épisode du détective à cornes rouge. Une sorte de préquel intéressant…


Au final, un recueil pas désagréable, qui mérite de figurer dans votre bibliothèque DC/Lovecraft.

mercredi 25 mai 2016

Planet bitch : you're a baaaad mama you know !?

Bitch planet extraordinary machine
Kelly sue Deconnick
Valentine de Landro
Wilson IV
Glénat comics
Mai 2016

OK, je ne la vous ferai pas trop facile cette fois ci : je connais assez peu la scénariste de ce pavé pulp comics, pourtant superbe auteure de mainstream avec Spider-man, Gardians of galaxy...Captain Marvel, ou aussi le chapitre 5 du Feu et la roche (licence avp), ni le dessinateur principal Valentine...

Quant au super Robert Wilson IV qui illustre le chapitre 3 avec un goût vintage exquis, c'est sa première apparition en cartonné par ici. 


Bitch planet, c'est une planète faisant office de prison pour tout un tas de femmes, jugées trop violentes par leurs pères, non conformes par la société patriarcale punitive de ce futur proche. 

Toutes ces femmes rebelles, trop grosses, sadiques, trop sexy...sont traitées comme des parias et n'ont qu'une issue : combattre entre elles et gagner lors de jeux violents retransmis en direct sur terre. 
Évidemment, la résistance va s'organiser.

Kam©De Connick/De Landro
Bitch planet convie le pulp dans sa présentation, avec moult visuels d'accroche façon affiches de propagande ou de spectacle à sensation. De fausses publicités vintage sont aussi disséminées entre les 5 chapitres que compte ce recueil et il ne s'agirait pas d'un comics a tendance SF , on jurerait tenir un pulp seventies dans les mains, façon blaxploitation. Il faut dire que l'héroïne principale : Kam, est black et porte une belle afro. 



Penny Rolle ©WilsonIV/Deconnick
Sur l'aspect scénaristique, rien à redire : on est dans le pur jus de tension et de suspens que peut nous procurer ce genre d'histoire, entre un Rollerball, New york 1997, Outland, et mettez ce que vous voulez pour l'aspect carcéral, même si on ne peut s'empêcher de penser a Hunger games pour le jeu sadique, et White mama, black mama, ou Femmes en cage, films seventies qui ont pu influencer les auteurs. 



Rythme soutenu, découpage racé et personnages top. Dessin moderne efficace, avec un style donc different et plus vintage pour les origines de Penny Rolle, et couleurs agréables. Superbes galerie de couvertures...tout cela fait de Bitch planet un très bon comics encore repéré par Olivier Jalabert pour la collection Glénat comics. A suivre...

En bonus à cette édition : une couverture inédite, un appareil critique sur le féminisme et la culture populaire rédigé par Pia-Victoria Jacqmart, des interviews exclusives des auteurs, des fausses-pubs.



lundi 16 mai 2016

Dash Shaw persiste, et signe un Doctors déroutant.

Doctors
Dash Shaw
Ca et là
Janvier 2015

On entre dans Doctors comme dans un rêve, ou plutôt un cauchemar.  Se demandant où est-ce que l’on est, ce que l’on va y trouver…et si un fil narratif il y a. Mais connaissant déjà Dash Shaw (cf le psychédélique Body World entre autre, déjà chroniqué par ici), on sait que l’on a affaire à un auteur très particulier, au talent cependant énorme. Pas de crainte donc quant à la qualité normalement intrinsèque d’une de ses oeuvres.

Une jeune fille grimpe à un arbre aux fourches étranges, puis tombe.
Madame Bell fait son jogging dans la rue. Cette femme blonde, ménagère quadragénaire à première vue, s’arrête près d’un arbre, et semble reconnaître ses drôles de branches, comme celles qu’elle avait grimpées étant enfant. Puis elle se dirige vers la piscine, un peu inconsciemment.. rencontre un homme ressemblant un peu à son mari décédé… puis, ..tombe et se heurte violemment la tête contre l’échelle du bassin.
On la retrouve néanmoins page suivante, chez elle, avec ce même homme rencontré… et leur flirt paraît irréel, avec des dialogues incohérents.. jusqu’à ce que la fille de celle-ci, : Laura, apparaisse et lui tienne des propos encore plus étranges : celle-ci serait en réalité morte depuis peu … et Laura serait là pour la chercher, lui permettre de revenir avant que son cerveau ne s’éteigne définitivement (…) Laura s’appelle en réalité Tammy Cho, et est au service de son propre père , un médecin, ayant mis au point un système : le Charon, permettant ce prodige.

©Dash Shaw/çaetlà

Tout d’abord, la maquette de ce petit livre : au papier glacé et aux pages toute imprimées dans un coloris différent. De quoi être dérouté. Ensuite, un déroulé à première vue incohérent. Jusqu’à la page 17 tout d’abord, puis 22/23, où l’on comprend effectivement qu’il s’agit bien d’une expérience clinique. On va ensuite suivre la « résurrection « de madame Bell, et sa difficulté à réintégrer une société dans laquelle elle a perdu ses repères… puis d’autres voyages.
En fait, comme le dit le professeur Cho, inventeur de Charon : « Tout ce que nous faisons, c’est ressusciter les riches, pour qu’ils puissent gérer l’avenir de leur patrimoine avant leur mort prochaine ».

Le dessin de Dash Shaw n’est pas ce que l’on peut trouver de plus joli dans le milieu, mais vous savez sûrement, si vous êtes un lecteur régulier de ce blog, que la cohérence d’une bande dessinée passe par l’équilibre bien dosé d’un bon scénario et d’un dessin compréhensible. C’est le cas ici, avec en supplément un découpage relativement simple et une maquette plutôt originale, assez agréable au final.

On ressort de Doctors dans un état second, ayant eu l’impression d’un voyage d’entre les morts, exactement comme la patiente du docteur Cho, et cela m’a rappelé à titre personnel le film Carnival of souls (Herk Harvey, 1962.), où une bande de jeunes ayant eu un accident se retrouve à errer parmi d’autres personnes hagardes, dans un univers parallèle, représenté par un parc de loisir abandonné au bord de la plage.

Un nouveau roman graphique incroyable et très déroutant, comme on la l’occasion d’en lire assez peu souvent. 

Recommandé, donc !

La page du livre chez l'éditeur : http://www.caetla.fr/Doctors

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lundi 9 mai 2016

EXO : rencontre du cinquième type avec Jerry Frissen.

EXO Tome 1/3 Darwin II
Jerry Frissen/Philippe Scoffoni
Humaines associés Avril 2016

Dans un futur très proche, à bord d’une nation orbitale américaine.
Alors que tout se déroule tranquillement, la soudaine apparition d’un objet non identifié amène le chaos au sein de l’équipe en place. Ce qui semblait être une petite météorite traverse en effet un module de part en part, tuant au passage un des astronautes alors en sortie réparation.

Sur terre, alors que l’on apprend qu’une exoplanète habitable « Darwin II » a été détectée,  et qu’une sonde : « Astroglider 4 », lancée en 1996,va être reprogrammée pour aller l’explorer, une équipe est préparée pour la Lune, car il semblerait que le projectile ayant détruit la station américaine ait été lancé » de là-bas. (!?)

Ce dernier s’est entre temps crashé sur terre, et cet objet, extra terrestre, envoie dans l’environnement de petites sondes volantes. Celles-ci vont prendre possession de la volonté de quatre personnes distinctes, dont Charles Webster, un malade psychiatrique. Le groupe va de son côté tenter de prendre le contrôle d'un cinquième homme : John Koenig, un astro physicien de la Nasa.
Leur mission: empêcher par tout moyen que la mission Darwin n’atteigne son but.

Beaucoup de mystères dans ce premier tome, mais une trame intéressante qui ne manquera pas de rappeler cependant aux amateurs le scénario de Rencontre du troisième type (Spielberg, 1978). Ne serait-ce que part l’idée du regroupement de personnes dont l’esprit a été mis sous contrôle, autour d'un même but.
P.5 ©Frissen/Scoffoni/Humanoiïes associés

Jerry Frissen est surtout connu pour sa série Lucha libre (avec Bill) et sa participation scénaristique aux légendaires Méta Barons, de Jodorowsky. Il aime les séries B (voire Z), (voir sa création « Les Zombies qui ont mangé le monde » dessin : Guy Davis, 4 tomes entre 2004 et 2208), mais il semblerait que ce nouveau triptyque de science-fiction soit calibré pour apporter une aura un peu plus réaliste à sa bibliographie.

Les personnages sont plutôt bien campés, et si la trame de ce premier épisode nous convie davantage au polar, les dernières scènes sur la Lune, au fort potentiel SF et fantastique offrent de belles perspectives pour la suite.
Le suspens est en tous cas bien maîtrisé, et le dessin de Philippe Scoffoni (série Milo avec Benoit Rivière), au trait onctueux, aussi agréable que celui d’un Chris Lamquet, possède, en plus de couleurs très réussies, un charme indéniable.


Une série à suivre.

lundi 25 avril 2016

"Vers la ville" de Tom Gauld réédité chez 2024.

Vers la ville
Tom Gauld
2024 éditions
Octobre 2015

Ce petit bouquin à la maquette très soignée, en noir et blanc, a été publié originellement chez Bülb comix en Décembre 2004 sous le titre « Move to the city ». C’était l’adaptation livre de strips publiés originellement par cet auteur anglais dans l’hebdomadaire Timeout londonien.
Bülb Comix est une maison d’édition suisse indépendante créée en 1996, très exigeante au niveau artistique. Elle a  d’ailleurs un manifeste que l’on peut lire ici : http://www.bulbfactory.ch/comix/a-propos-manifeste.php

Néanmoins, pour ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est à dire la réédition de ce livre, et bien, on peut dire que l’auteur a trouvé à nouveau chaussure à son pied avec cette autre petite maison Strasbourgeoise, 2024, créée en 2010, toute aussi précieuse et amoureuse des livres.

©Tom Gauld/2024
De quoi s’agit-il au fait ?
…C’est l’aube. Dans une prairie, une maison isolée. Un homme (jeune) frappe à la porte. Il vient chercher un ami, pour partir en ville, comme l’indique une affiche insérée sous forme d’une vignette, que l’on imagine avoir été placardée quelque part, …contre un poteau ? « Une nouvelle vie s’offre à vous en ville » indique t'elle.
L’un porte un sac à dos, l’autre traine une brouette. Ils ont emporté de quoi dormir, et de quoi manger.
Sous forme de petites scènettes aux dialogues maigres mais humoristiques, l’auteur nous emmène sur les chemins d’une quête, quelque peu fantastique.
Deux nuit s’écoulent.. avant qu’enfin.. les lumières de LA ville apparaissent…

Tom Gauld a choisi un dessin plutôt minimaliste, et le noir et blanc, entouré de couleur jaune, au début (couverture) et à la fin de l’ouvrage (suspens) pour décrire cette mini aventure humaine touchante, entre le strip et le roman graphique.

On ne se mentira pas : la couverture et la maquette en général, très soignée : un papier Munken Print cream 150 gramme et une toile jaune couvrant les 75 % du cartonnage font pour beaucoup dans l’attrait de ce bouquin énigmatique.
Mais, si l’auteur n’a pas choisi la facilité en proposant ce récit dans une collection et une présentation plutôt adulte, on aurait pu tout aussi bien trouver cette histoire dans une collection jeunesse. Les personnages, et le thème s’y prêtant bien.

Un ouvrage tous publics, mignon, précieux, joli, intriguant, sympathique,... mais finalement assez moderne, et sur lequel on pourra réfléchir. Pour celles et ceux qui veulent sortir des sentiers battus.
Tirée de la page de l'éditeur :
http://www.editions2024.com/vers-la-ville/


Nb : Les éditions 2024 proposent d’autres ouvrages de narration graphique, de toute beauté, aux maquettes et reliures diverses et variées, toutes plus belles les unes que les autres. Visitez leur site :



La fiche de l'auteur chez Bülb comix : http://www.bulbfactory.ch/comix/auteurs.php?b=38&a=27#book


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